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Les nouvelles aventures de Fairy Tail : la princesse au bois rêvant

Usagi-chan

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Niveau : [R] Résumé : Le futur est-il vraiment déjà écrit, et notre destin tout tracé ? Nous, on n’y croit pas une seule seconde ! Nous sommes des mages de Fairy Tail, et notre avenir, il n’y a que nous qui puissions en décider ! Si tu n’aimes pas ce que tu vois, alors lève-toi et bats-toi pour que demain existe !

Disclaimer : La plupart des personnages ainsi que l'univers appartiennent à Hiro Mashima. Les personnages qui ne font pas partie de Fairy Tail sont à moi.


Chapitres : 1 . 2 . 3 . 4 . 5 . 6 . 7 . 8 . 9 . 10 . 11 . 12 . 13 . 14 . 15 . 16 . 17 . 18 . 19 . 20 . 21 . 22 . 23 . 24 . 25 . 26 . 27 . 28 .
Chapitre 13 :: CHAPITRE 12 : Quand la vérité blesse… Euh… Gray ?... Maaaaaaaais qu’est-ce que tu fais, espèce de pervers !

Juvia remonta à la surface. Il faisait déjà nuit, et un vent frais s’était levé. Mais peu importait, elle avait besoin de prendre l’air. Sa conversation avec Lucy l’avait perturbée. La jeune mage avait l’air sincère lorsqu’elle lui avait révélé ses sentiments pour le Salamander et assuré qu’elle n’éprouvait rien de plus qu’une forte amitié pour Gray. De plus, Lucy lui avait dit qu’elle ne laissait surement pas le jeune homme indifférent, et elle se surprit à espérer. Pas à fantasmer, comme elle le faisait habituellement, mais espérer réellement que celui qu’elle aimait depuis plusieurs mois maintenant, l’aimait peut-être en retour. Elle décida de se reprendre cependant. Seule, dans l’obscurité qui tombait, les paroles de la constellationniste semblaient bien plus difficiles à croire.
De toute façon, espérer ne lui avait jamais réussi. Cela s’était à chaque fois soldé par une cuisante déception, et un rejet douloureux. Elle savait ce qui l’attendait, et aussi que l’espoir ne rendrait la vérité que plus dure à affronter ensuite. Elle revit les visages de tous ceux qu’elle avait fréquentés, toutes les ruptures qu’elle avait subies, toujours pour la même raison : « Tu es une fille bien Juvia-chan, mais nous deux ce n’est plus possible. Je ne supporte plus cette pluie sinistre, et si tu ne peux pas la faire cesser, alors je suis désolé mais je ne pourrais pas rester avec toi. Adieu. » Combien de fois avait-elle entendu ces mots ? Combien de fois lui avaient-ils perforé la poitrine, aggravant ainsi chaque fois un peu plus la blessure qui meurtrissait son cœur ?
L’amour n’était pas, n’avait jamais été et ne serait jamais pour elle. Gray était peut-être différent des autres, mais elle n’en restait pas moins une femme de la pluie. Il ne voudrait pas d’elle. Lucy se trompait. Elle devait s’en détacher, continuer à l’aimer lui faisait du mal. Ce n’était pas sain, ni pour lui, ni pour elle. De plus elle se sentait pathétique de penser à tout ça maintenant, alors qu’ils avaient appris la destinée tragique de ces pauvres gens, et la potentielle fin du monde. Mais elle ne pouvait pas s’en empêcher, il occupait toutes ses pensées, à chaque instant, et il n’y avait que peu de place pour le reste.
Elle sentait les larmes lui venir, et, pour une fois, décida de ne pas les retenir. Pleurer lui ferait peut-être du bien. Elle l’aimait tellement ! Bien sûr, au début il s’agissait d’une attirance purement physique, associée à une reconnaissance et une adoration un peu folles, mais sincères. Et puis, peu à peu, elle avait appris à le connaître et le désir avait fait place à un sentiment bien plus intense, qu’elle n’avait jamais connu avant. Elle aimait tout chez lui, de ses yeux noirs, si profonds qu’elle s’y perdait à chaque fois qu’elle avait la chance de les rencontrer, à la gentillesse qu’il cachait sous son masque de virilité, en passant par le courage qu’il déployait lorsqu’il s’agissait de défendre ceux qu’il aimait. Il était unique. Unique et pas pour elle.
Alors qu’elle s’abandonnait silencieusement à sa tristesse, une pluie fine commença à tomber, ce qui la fit souffrir plus encore. « Une femme de la pluie ne peut rendre personne heureux. » Ses sanglots redoublèrent. La douleur sourde qu’elle sentait en permanence dans sa poitrine, s’intensifia soudainement et, portant une main à son cœur, elle tomba à genou, cherchant sa respiration, suffoquant presque. Au dessus d’elle, les nuages noirs s’amoncelaient, déversant toujours plus de pluie qui se mêlait aux larmes de Juvia, en écho à sa souffrance. Cette peur panique d’être rejetée, cette envie, ce besoin d’être aimée et acceptée tout en sachant que cela n’arriverait pas, tous ces sentiments qu’elle maintenait enfouis au plus profond d’elle-même forçaient le barrage de sa volonté et remontaient à la surface, balayant les derniers vestiges de sa détermination. Malgré tous ses efforts, rien ne changerait. Elle l’aimerait toujours et ne serait jamais heureuse.

Elle pleurait depuis un moment déjà, et commençait à se calmer, épuisée, lorsqu’elle entendit un bruit de pas derrière elle. Elle se releva et se retourna vivement, prête à attaquer. Mais elle reconnut la silhouette qui s’approchait. Oh oui, elle l’aurait reconnu entre tous, cet homme, la dernière personne qu’elle voulait voir en cet instant, mais la seule à pouvoir l’apaiser. Son cœur manqua un battement et elle retint sa respiration. Elle ne voulait pas qu’il la voit pleurer alors elle se détourna, et leva le visage vers le ciel lourd que l’on pouvait deviner à travers la couverture des arbres, espérant qu’il la laisserait tranquille.

- Ca ne va pas ? lui demanda-t-il cependant, et son timbre grave affola le cœur de la jeune femme.
- Si pourquoi ? répondit-elle en maîtrisant sa voix, sans se tourner vers lui toutefois.
- Il pleut, dit-il simplement.

Il s’approcha et s’arrêta à côté d’elle. Il leva lui aussi les yeux vers le ciel, mais n’ajouta rien. Ils restèrent ainsi de longues minutes, sans parler. Elle finit par le regarder et vit qu’il avait fermé les yeux, laissant la pluie couler le long de son visage, un léger sourire aux lèvres. Il était tellement beau qu’elle en eut le souffle coupé.
Il avait remarqué la pluie. Il était venu la voir, est-ce qu’il s’inquiétait pour elle ?

« Oh pourquoi Gray-sama ? Pourquoi être si gentil avec Juvia et lui donner de faux espoirs alors que Juvia s’était résignée ? Ce n’est pas juste, ce n’est vraiment pas juste ! Aies pitié du pauvre cœur de Juvia et arrête de la torturer ! » Mais au lieu de dire ce qu’elle pensait, Juvia ne put que recommencer à sangloter en silence.

La pluie redoubla et Gray ouvrit les yeux. Il découvrit avec stupéfaction que la jeune fille était en proie à la plus grosse crise de larmes qu’il n’avait jamais vue. Ok, il avait bien compris qu’il y avait un problème, mais il ne pensait pas que c’était à ce point là !

- Hé ! Mais qu’est-ce que tu as ? Pourquoi… pourquoi tu pleures comme ça ?

Il avait toujours détesté voir les filles pleurer. Mais là c’était différent. Son amie souffrait et cela lui faisait du mal aussi, d’autant plus qu’il ne comprenait pas pourquoi. Il savait juste qu’il fallait qu’elle arrête, et qu’elle lui sourie. Oui, si elle souriait, ce malaise oppressant qui s’emparait de lui s’en irait certainement. Alors, comme elle ne lui répondait pas, qu’elle ne le regardait pas, il réagit instinctivement. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Il enfouit sa tête dans ses cheveux et murmura au creux de son oreille.

- Je ne sais pas pourquoi tu pleures, mais je suis sûr que ça n’en vaut pas la peine. Alors souris-moi s’il te plait, je ne supporte pas de te voir dans cet état.

Juvia n’en revenait pas. Elle était dans ses bras. Dans-ses-bras. Gray Fullbuster la serrait contre lui. Elle était là où elle voulait être depuis la première fois qu’elle l’avait vu. Elle devait forcément rêver ! Mais la pluie qui tombait sur ses cheveux, ses yeux gonflés qui lui faisaient mal, son cœur qui battait la chamade, la douleur, et son odeur à lui, elle sentait tout cela si fort, que ça ne pouvait qu’être réel. Alors elle prit sa décision. Et tant pis pour les conséquences. De toute façon, elle avait toujours su qu’elle finirait par craquer, que ce n’était qu’une question de temps. Tant pis s’il la rejetait, elle serait fixée au moins. Elle ne pouvait plus attendre, elle ressentait une urgence qu’elle ne pouvait plus combattre, elle devait savoir. Elle releva la tête, prit le visage de Gray entre ses mains et l’embrassa. D’abord doucement, puis elle céda complètement à son envie dévorante, et son baiser devint vite passionné.

Gray ne comprit d’abord pas ce qui lui arrivait. Il la tenait contre lui, se disant qu’elle sentait vraiment bon sous la pluie, en se demandant vaguement ce qu’il était en train de faire. Elle avait eu l’air si fragile, si triste, qu’il n’avait pas pu s’empêcher de vouloir la réconforter. Si Lucy avait raison, il s’était dit que ça arrangerait peut-être les choses. Et voila qu’elle l’embrassait ! Encore ! Ce n’était pas du tout ce qu’il avait prévu ! Mais il ne put se résoudre à la repousser. En réalité, il n’en avait pas envie, vraiment pas du tout. Il la serra plus fort et répondit à son baiser, une drôle de sensation lui prenant le ventre. Il passa sa main droite dans les cheveux de Juvia, et descendit l’autre dans le creux de ses reins, la plaquant encore davantage contre lui. Un léger gémissement de plaisir échappa à la jeune fille, et il se sentit électrisé. Toute pensée cohérente abandonna son esprit. Il quitta les lèvres de la mage et enfouit son visage dans son cou, s’imprégnant de son odeur, plantant de légers baisers sur la peau nue de sa camarade. Il remonta vers son oreille et mordilla son lobe, provoquant ainsi un nouveau gémissement. Gray se détacha de Juvia, haletant, et regarda le visage de la jeune fille, se délectant des rougeurs sur ses joues, absorbé par son regard profond laissant transparaître le désir de la jeune femme, s’extasiant sur ses lèvres roses et appétissantes. N’y tenant plus, il les scella à nouveau aux siennes, totalement enivré par le parfum de la mage de l’eau, pendant que sa main gauche remontait lentement sur la peau de son amie, sous son haut. Il passa sa langue sur la lèvre inférieure de la jeune femme, qui accepta sa requête silencieuse et entrouvrit ses lèvres, lui permettant d’approfondir leur baiser.
Au contact de la main de Gray sur sa peau, Juvia eut des frissons. Elle était comme parcourue par un courant électrique et ne se contrôlait plus. Dans un coin de sa tête, une alarme sonnait, et une petite voix lui disait de s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle ne commette l’irréparable. Elle la balaya de son esprit lorsqu’elle descendit ses mains sur le torse de Gray dont le t-shirt avait miraculeusement disparu, explorant la moindre parcelle, jouant sur les pectoraux parfaitement dessinés, caressant les abdominaux saillants. Le jeune homme avait décidément un vrai don pour se déshabiller ! Et ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Ca ne l’avait jamais dérangée d’ailleurs.
Juvia descendit un peu plus sa main, jusqu’à atteindre le haut du boxer du brun (son jean ayant disparu aussi soudainement que son t-shirt), puis elle continua timidement, et sentit une bosse dure sous ses doigts. La jeune fille hésita quelques instants, puis elle la saisit délicatement et commença à la caresser au travers du tissu, lentement d’abord, puis de plus en plus vite et de plus en plus fort. Ce fut au tour de Gray de gémir de plaisir sous les caresses de la jeune fille. Encouragée, celle-ci intensifia son mouvement. Pris par son désir et son plaisir grandissants, Gray, la plaqua contre un arbre, enroula une des jambes de la jeune femme autour de ses hanche, l’y maintenant fermement et pressa leur deux corps enfiévrés l’un contre l’autre. Il fit courir ses doigts sur les courbes voluptueuses de la mage, et ressentit une immense satisfaction lorsqu’il sentit son corps tressaillir sous ses caresses, sa respiration s’accélérer et ses soupirs s’intensifier. Il s’attarda sur le bout de son sein, savourant chaque murmure, se régalant de chaque sursaut, la serrant toujours plus contre lui.
La jeune femme avait le souffle court, tous ses sens étaient en éveil, et elle ne put empêcher ses gémissements de devenir de plus en plus sonores lorsqu’elle sentit la virilité de Gray tout contre son intimité, à travers leurs vêtements. Il touchait un point sensible et les frottements de leur corps ne faisaient qu’attiser la passion de la jeune femme. Elle en voulait plus, et elle le voulait maintenant. Elle prit la main de Gray qui maintenait sa cuisse et la glissa lentement vers la source de son plaisir, au creux de ses jambes, les doigts du jeune homme embrasant sa peau, rendant leur souffle erratique.

Les sensations nouvelles qu’ils éprouvaient les grisaient complètement, et, coupés du monde et de la réalité, ils semblaient ne pas devoir s’arrêter avant d’avoir assouvi leur désir. Mais le destin en décida autrement. Ou plus précisément, le destin sous la forme de Natsu, qui choisit cet instant précis pour sortir du repère en s’exclamant :

- Ah ! Il ne pleut plus ! Hé abruti, où t’es passé ? Erza veut qu’on rentre pour préparer un plan d’attaque, alors amène tes fesses ! Et si tu sais où est Juvia, ramène-la, ça m’évitera de la chercher.

En entendant la voix de Natsu, Gray et Juvia se séparèrent vivement. Le Salamander les trouva ainsi, à deux mètres l’un de l’autre, Juvia, la tête baissée, les yeux écarquillés, et Gray, le visage tourné vers la forêt, en caleçon. Tous les deux silencieux, hors d’haleine et rouges comme des pivoines. Natsu les regarda d’un air interloqué, puis renonçant à comprendre, il fit demi-tour en leur lançant :

- Erza nous attend. Si vous trainez, vous resterez enfermé dehors et elle devra venir vous chercher. Ca sera tant pis pour vous !

Juvia avait toujours était un peu excentrique, alors il ne se préoccupa pas réellement de ses rougeurs. Cependant, quelque chose dans l’attitude de Gray lui sembla étrange, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Alors qu’il commençait à redescendre, il réalisa enfin ce qui le troublait. Il avait traité le mage de glace d’abruti, et celui-ci n’avait même pas relevé ! Il se dit qu’il allait devoir surveiller son ami rival, des fois qu’il serait en train de couver quelque chose. En y repensant, il était tout rouge, il avait surement de la fièvre. A force de se promener partout à moitié nu, il ne fallait pas s’en étonner ! En repensant à la détestable habitude de Gray, Natsu eut une moue agacée. Il était vraiment crispant, et le Dragon Slayer ne voyait vraiment pas pourquoi il s’inquiétait pour lui. Après tout, un mage de Fairy Tail était sensé pouvoir s’occuper de lui-même ! Mais quand même, il allait garder un œil sur lui. Avoir de la fièvre en plein combat, ça n’était pas vraiment une bonne idée.

Gray venait d’avoir la peur de sa vie. Non mais quel idiot ce Natsu ! On ne lui avait jamais dit qu’il ne fallait pas interrompre deux personnes qui… qui quoi exactement ? En repensant à ce qu’il venait de se passer, sa température remonta encore d’un cran. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui avait pris, il avait agi par instinct. Il ne savait pas du tout comment se comporter face à la jeune femme à présent, car il ne savait pas lui-même ce qu’il devait penser de tout cela. Le jeune mage regarda Juvia du coin de l’œil, et vit qu’elle avait l’air affreusement gênée elle aussi. Soudain, les paroles que Natsu venait de prononcer le frappèrent de plein fouet. Erza les attendaient, ils feraient mieux de se dépêcher avant de s’attirer le courroux de la terrible mage ! Il décida de se servir de ce prétexte pour dégeler la situation.

- On devrait rentrer, dit-il d’une voix rauque, qu’il eut du mal à reconnaitre. Si on fait attendre Erza, dieu sait ce qu’elle va nous infliger !

En l’entendant, Juvia sursauta et lui répondit simplement :

- D’accord.

Elle refusa de lever les yeux vers lui cependant, ce qui agaça passablement le jeune homme. Et ce qui l’agaça encore plus, ce fut qu’il ne comprenait pas pourquoi le fait qu’elle refuse de le regarder l’énervait. Ce qu’ils venaient de faire l’ébranlait bien plus qu’il ne voulait l’admettre, et il se sentait perdu devant le flot d’émotions qui l’avaient submergé et le tenaient encore. Le pincement au cœur, lorsqu’il avait vu les larmes de la jeune fille. La tendresse, lorsqu’il l’avait serrée contre lui. La surprise lorsqu’elle l’avait embrassé, qui s’était rapidement muée en une passion dévorante, attisant en lui un feu dont il n’avait jamais eu conscience avant. La frustration, lorsque cette andouille de Dragon Slayer les avait interrompus alors que sa main allait atteindre son but. Et un autre sentiment qu’il ne parvenait pas à nommer, qui grandissait en lui depuis un certain temps et qui avait explosé lors de leur étreinte. Un sentiment d’affection, d’attachement, bien plus fort que ce qu’il éprouvait pour les autres membres de Fairy Tail, un besoin de la prendre dans ses bras, de l’étreindre à nouveau. Et la peur aussi. Peur de quoi, il ne le savait pas, mais comme elle ne le regardait pas, c’était cette émotion qui prenait peu à peu une place prépondérante dans son cœur. Il se reprit, tentant de refouler tous ces sentiments et se dirigea vers la bâtisse en ruine, après avoir ramassé et enfilé ses vêtements (il valait mieux ne pas se montrer en caleçon devant Erza, elle pourrait tirer des conclusions hâtives… et pas tout à fait fausses). Il entendit Juvia lui emboiter le pas.
Ils arrivèrent devant l’entrée du refuge et… restèrent plantés là. Le passage s’était refermé derrière Natsu, et sans le mot de passe, ils ne pouvaient pas rentrer.

- Et merde ! Erza va nous écorcher vifs ! s’exclama Gray, tout à coup d’une humeur massacrante.

Il entendit un léger soupir derrière lui, et se sentit soudain comme paralysé. Cela signifiait qu’ils étaient seuls… encore… Il ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Oh et puis zut à la fin ! Il était un homme et il allait affronter le problème en tant que tel ! Il prit son courage à deux mains et se retourna vers Juvia, la voix d’Elfman retentissant dans son esprit « Un homme n’a pas peur des problèmes, ce sont les problèmes qui doivent avoir peur de lui ! ». Gray ouvrit la bouche et leva les yeux vers Juvia. Erreur fatale ! Il la trouvait terriblement jolie, l’eau de pluie gouttant de ses cheveux sur sa peau, les yeux brillants, les joues encore rouges. Il fut incapable de prononcer un mot et resta ainsi, bouche bée, le regard rivé sur la jeune femme, les évènements récents lui revenant brutalement à l’esprit. Avec tous les détails. Nouvelle et brutale hausse de température.
Juvia finit par relever la tête vers lui, et voyant qu’il la fixait, se sentit encore plus gênée.

- Est-ce que Gray-sama voulait dire quelque chose à Juvia ? demanda-t-elle timidement, toujours en évitant son regard.

Le jeune homme sembla sortir de ses pensées et balbutia :

- Euh… Je… oui, je crois que… tu… on…
- Gray-sama ?
- Tu veux bien arrêter avec le sama ? C’est pas vrai ! Quel enfoiré ce Natsu, il aurait au moins pu nous attendre ! continua-t-il en se détournant et en se dégonflant.

C’est alors qu’ils entendirent un bruit étouffé de l’autre côté du plancher, comme si quelqu’un se retenait de rire, sans résultat.

- Natsu ! Ouvre cette porte… ce plancher tout de suite ! Laisse-nous rentrer !
- Sinon quoi ? répliqua l’autre.
- Je vais t’éclater !
- Je crois pas non !

Puis après une légère pause, il reprit :

- Tu te souviens de notre deal dans la forêt ? Je vous ouvre si tu acceptes de faire tout ce que je dirais pendant une semaine une fois qu’on sera rentrés !
- Rêve ! Je préfère encore affronter Erza !
- Ok. A toute alors… Si vous êtes encore en vie !

Mais c’est qu’il s’en allait vraiment en plus ! « Tant pis ! Il est hors de question que je m’abaisse à ce genre de chose ! Et puis, Erza n’est pas si terrible… » pensa-t-il en tremblant. Puis il se souvint de sa situation, et du fait qu’il allait se retrouver encore une fois seul avec Juvia. Ce n’était peut-être pas si mal, et comme ça si la terrifiante reine des fées finissait par l’achever, il aurait au moins connu l’amour avant de mourir… Se rendant compte de ce qu’il venait de penser, il fut pris de panique.

- Oi, Natsu ! Reviens ! Ok, j’accepte…
- Pardon ? J’ai pas bien entendu…, répondit le mage du feu, qui ne s’était pas réellement éloigné.
- J’accepte ton stupide marché ! Ouvre maintenant !

Le plancher s’effaça sur un Dragon Slayer hilare. Gray l’ignora et s’engouffra dans l’escalier, suivi de Juvia. Natsu l’asticota tout le chemin du retour, se moquant de lui parce qu’il avait peur d’une fille. Il ne savait pas à quel point il avait tort… et en même temps raison.


………………………………


Mirai se réveilla en sursaut. Elle était essoufflée et en sueur. Son cœur battait la chamade et elle peinait à retrouver sa respiration. La jeune femme se prit la tête dans les mains et tenta d’empêcher ses larmes de couler, en vain. Après quelques minutes, elle parvint à se maîtriser, et se leva de son lit. Elle alla à sa fenêtre et ouvrit les volets, laissant la douceur du soir envahir sa chambre. Il ne faisait pas encore complètement nuit, et le ciel d’automne était clair, laissant apparaître les premières étoiles. Elle resta accoudée un moment sur le rebord de la fenêtre, puis apaisée par l’air frais, elle fit demi-tour et se dirigea vers sa salle de bain personnelle. Kyouaku la lui avait donnée dès son arrivée quelques semaines plus tôt, et si elle trouvait pathétique cette tentative pour l’acheter, elle ne dédaignait pas le confort que cela lui apportait. Elle entra dans la petite pièce et se déshabilla. Elle n’avait pas pris le temps de se changer avant de se coucher, si bien qu’elle avait toujours les vêtements qu’elle portait lors de son combat contre Shin. Ils étaient déchirés par endroit, preuve de l’animosité qui régnait à présent entre elle et le reste de son ancienne guilde. Tout son corps lui faisait mal, elle avait pris un gros choc. Elle entra sous la douche et laissa l’eau chaude couler sur elle un long moment. Cela lui faisait un bien fou, relaxait ses muscles endoloris. Alors seulement elle s’autorisa à repenser à ce qui l’avait bouleversée.
Elle avait encore fait le même rêve. Yoru, se dressant devant une jeune femme rousse, faisant de son corps un bouclier. Sa poitrine se couvrant de rouge sombre, la tache écarlate imprégnant peu à peu sa chemise d’un blanc éclatant. Son regard n’exprimant ni surprise, ni peur, ni douleur. Rien de plus qu’une farouche détermination. Son corps s’affaissant lentement et finissant par toucher le sol, toujours la même expression sur le visage. Sa poitrine sans mouvement. C’était terminé. Il était mort.
Un frisson d’horreur la parcourut. Pourquoi faisait-elle encore ce rêve ? Il revenait la hanter, chaque fois qu’elle fermait les yeux. Le futur aurait pourtant déjà dû changer. Elle était venue pour ça. Aimait-il Yume au point de trahir Kyouaku et mourir pour elle ? Quoi qu’il devait arriver, elle l’en empêcherait.
Ce n’était pas le seul rêve qu’elle avait eu pendant son sommeil. Elle les avait vus arriver. Fairy Tail. Ils viendraient pour leur Dragon Slayer. Elle n’avait rien contre eux, mais elle ne pouvait pas se permettre de laisser sa sœur guérir maintenant et venir ici, sinon sa prémonition risquait de se réaliser, ainsi que la prophétie.
Lorsqu’elle avait été mise au courant de leur destin, elle avait d’abord refusé de croire à tout ceci. Mais elle avait dû se rendre à l’évidence, pour l’instant l’avenir semblait converger vers ce que leur ancêtre leur avait prédit. Il y avait bien un démon, dont elle sentait que les pouvoirs étaient phénoménaux, qui en voulait à leur lumière. De plus, même si elle ne l’avait pas fait dans ce sens, elle se trouvait effectivement dans le camp opposé à celui de sa sœur. Enfin, pour le moment, elle devait prévenir son nouveau maître. Après, quand elle serait prête, elle l’abattrait. Elle verrait le bon moment, elle forçait ses visions depuis qu’elle avait quitté Dreaming Light pour ne rien manquer. C’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour surveiller le futur de Yoru, et maintenant pour éviter que la catastrophe ne survienne. Si ce n’était pas Yume qui détruisait Kyouaku en utilisant la lumière sacrée, elles pourraient peut-être s’en sortir toutes les deux. Mirai savait très bien qu’en abandonnant sa guilde et en venant ici, chez leurs ennemis, elle remplissait une partie de la prophétie. Mais si elle pouvait éviter la confrontation avec sa sœur, et s’occuper de tout elle-même, elle ne se réaliserait pas. Pour ça, il fallait que la gamine reste ici, jusqu’à ce que tout soit terminé.
La jeune femme coupa à regret l’eau chaude et s’enroula dans une serviette. Ce faisant, elle vit son reflet dans le miroir et fit la moue. Elle avait vraiment l’air mal en point. Ses traits étaient tirés, des cernes foncés marquaient le dessous de ses yeux et elle était d’une pâleur de mort. Elle avait grand besoin d’un vrai sommeil, elle le savait. Mais elle n’avait pas le temps de se reposer.
Elle regagna sa chambre et enfila de nouveaux vêtements. Elle avisa sur la moquette, le verre qu’elle avait lâché en s’endormant brutalement quelques heures auparavant, et le ramassa pour le reposer sur sa table de chevet. Puis elle sortit et se dirigea vers les quartiers de son maître.
Au détour d’un couloir, elle percuta quelqu’un. Elle s’excusa et voulut repartir, mais une main ferme attrapant son épaule l’en empêcha. Elle leva les yeux et fut choquée.

- Yoru ?

Son rêve était encore trop présent dans son esprit, et le voir maintenant menaçait de lui faire perdre sa concentration. Elle avait besoin de toutes ses facultés pour faire face au maître de Dark Holders. Leurs entrevues étaient toujours épuisantes pour elle, tant parce qu’il tentait sans arrêt de la séduire, que parce qu’elle devait faire très attention à ses paroles et à ses actes pour qu’il ne la soupçonne pas de mener un double jeu. Elle baissa la tête et voulut partir.

- Je suis désolée, je dois y aller. J’ai quelque chose à dire à maître Kyouaku.

Elle tenta de se dégager, mais la poigne de Yoru ne se desserra pas.

- Yoru, laisse-moi passer !
- Regarde-moi Mirai !

En l’entendant prononcer son nom, la jeune femme fut troublée, et leva les yeux vers lui.

- Tu l’as encore fait, hein ? l’accusa-t-il. Tu as bu cette fichue potion et forcé tes rêves !
- Ca ne te regarde pas ! lui répondit-elle, acerbe. De toute façon, je ne vois pas ce que ça peut te faire !
- Bien sûr que ça me regarde ! rétorqua-t-il. Tu es vraiment trop radicale dans ta façon de concevoir les choses. Ce n’est pas parce que je t’ai dit que je ne t’aimais pas, que je ne me soucie pas de toi ! Avaler cette satanée potion tous les jours n’est pas bon pour toi. Sérieusement, tu t’es vue dans un miroir récemment ? Tu ferais peur à un mort !
- Merci, ça me remonte le moral tiens !
- Arrête d’être si cynique, ça ne te va pas du tout. Je ne te comprends pas. Tu m’as suivi ici, mais depuis que tu es arrivée, tu te montres distante avec moi. Qu’est-ce que tu attends de moi à la fin ?

La jeune femme ne répondit pas. Elle ne voulait pas tomber dans son jeu, sinon elle finirait par craquer devant celui qu’elle aimait. Elle continuerait donc à être froide.

- Je n’attends rien de toi. Laisse-moi partir maintenant !
- Non. Tant que tu ne me diras pas ce qui t’arrives, je ne te lâcherai pas. Je te préviens, j’ai tout mon temps ! Pourquoi te forces-tu à rêver ? Tu sais bien que c’est mauvais pour ta santé ! N’essaie pas de me faire croire que tu es tombée dans le piège de Kyouaku et que tu fais tout ça pour lui, continua-t-il à voix basse. Je sais que tu es bien plus intelligente que ça.
- Que veux-tu dire ? Quel piège ? demanda-t-elle, suspicieuse.
- Il veut se servir de toi pour atteindre Yume, ça me parait évident !

Mirai était perdue. Elle ne savait pas que Yoru était au courant des plans de Kyouaku. Certes, il était revenu à Dark Holders, mais ce n’était qu’à cause des paroles de sa sœur, n’est-ce pas ? Cela faisait-il de lui un ennemi ? Pourtant, il n’agissait pas comme tel.

- Pourquoi tu me dis ça ? Tu es au courant ? Tu n’es pas sensé être de son côté ?

Il soupira et regarda suspicieusement derrière son épaule.

- Nous devrions parler ailleurs. Suis-moi.

Il l’entraina le long des couloirs du gigantesque manoir, et ils finirent par sortir. La nuit était complètement tombée, et le grand jardin était inquiétant dans l’obscurité. Les ombres des arbres s’étiraient au sol comme des mains décharnées et menaçaient de les emporter dans les ténèbres. Mirai frissonna mais se reprit vite, se trouvant ridicule. Elle n’était plus une petite fille qui avait peur du noir !
Ils s’éloignèrent de la grande maison, puis Yoru s’arrêta au pied d’un grand chêne. Comme il ne disait rien, Mirai prit la parole.

- Alors ?
- Tu ne lâches pas facilement, hein ? C’est un trait de caractère prédominant dans votre famille ! C’est ce qui fait votre charme…

« Votre » charme ? Il ne parlait pas que de Yume, est-ce que le compliment s’adressait aussi à elle ? Elle rougit et remercia le ciel qu’il fasse noir. Puis un mauvais pressentiment lui vint. Essayait-il seulement d’endormir sa méfiance ? Le jeune homme se retourna vers elle et lui décocha un sourire. Il l’atteignit droit au cœur. Elle se recula, comme pour se protéger de l’influence qu’il exerçait sur elle. Elle devait vraiment se surveiller, elle était bien trop facilement manipulable.
Devant le silence de la jeune femme, Yoru continua.

- Tu ne vois donc pas tout, dans tes rêves. Si tu veux bien, je vais te raconter. Mais j’aimerais que tu ne m’interrompes pas avant la fin. Je ne suis pas fier de tout ce que j’ai fait, aussi je ne voudrais pas que tu aies une mauvaise opinion de moi sans tout savoir.

Il se tut, prit une inspiration et commença à raconter.

- C’est vrai que j’ai été envoyé à Dreaming Light en tant qu’espion. Je devais rester là-bas le plus longtemps possible et collecter des informations sur la prêtresse, et éventuellement l’enlever et la ramener à Kyouaku si je le pouvais. Il avait eu vent de la prophétie vous concernant toi et ta sœur, et il… était au courant que votre mère était morte, ce qui entraînait la nomination de son héritière.

Mirai ne voulait pas croire ce qu’il lui disait. Ainsi, il était véritablement un traitre ? Yume avait eu raison de le chasser ? Elle décida de le laisser aller au bout de son histoire. Elle espérait y trouver un élément pour le disculper. Elle nota aussi mentalement l’hésitation du jeune homme, et se promit d’y revenir plus tard.

- C’est à peu près à ce moment là que je suis arrivé dans votre guilde, continuait Yoru. J’ai prétendu avoir fui Dark Holders en découvrant qu’ils versaient dans des activités illégales. Bien entendu, ton père s’est méfié de moi et m’a fait surveiller pendant un moment pour vérifier mes dires. Quand il a estimé que je ne mentais pas, il a fini par me laisser libre de mes mouvements. Je pensais enfin pouvoir commencer ma mission. Je me suis dit que le plus simple était encore de devenir proche de ta sœur. Le problème était qu’elle était déjà très amoureuse d’un autre, même si elle ne semblait pas vouloir le lui avouer. Elle m’a donc rejeté à plusieurs reprises, ce qui m’a extrêmement atteint dans ma fierté. C’était stupide et arrogant, mais je ne l’ai pas accepté. Alors, je me suis accroché et, je n’ai fait que l’irriter davantage. Pour ne rien arranger, elle a vu que je n’étais pas honnête avec vous. Elle n’avait pas de vraie preuve, mais elle ne me faisait pas confiance. Puis, j’ai appris qu’elle s’était fiancée et ça m’a vraiment mis en colère. C’est à ce moment que j’ai compris que j’étais réellement amoureux d’elle.

Il avait vraiment l’air pris dans son récit et bien que ce qu’il lui disait lui brisât le cœur, Mirai ne l’interrompit pas.

- J’étais désespéré et je l’ai provoquée. Ca a très bien marché, mais pas comme je l’espérais. Elle m’a menacé de me renvoyer, et j’ai pris la mouche. Je suis parti.
- Oui, c’est la partie que j’ai vue, murmura Mirai les larmes aux yeux.
- Mais tu n’as pas dû voir ce que j’ai fait après ça. Tu ne m’aurais pas suivi dans le cas contraire.

La jeune femme redoutait la suite. Yume lui avait tenu les mêmes propos lorsqu’elle était venue lui dire qu’elle quittait Dreaming Light. Dans sa colère, elle avait refusé de l’écouter.
Yoru reprit la parole.

- Avant que je ne quitte le jardin du temple, elle m’a rattrapé pour me présenter ses excuses. Mais j’avais perdu la raison, et je l’ai agressée. Heureusement, il est arrivé à temps pour m’empêcher d’aller plus loin.
- Tu as agressée ma sœur ? s’exclama Mirai, avant de se taire.

C’était un réflexe. Depuis qu’elles étaient petites, elle avait toujours protégé Yume, qui était plus timide, plus impressionnable qu’elle. Ainsi, malgré le fait qu’elles avaient le même âge, elle s’était toujours considérée comme sa grande sœur et avait pris son rôle très au sérieux (elle l’avait aussi entraînée dans des galères pas possibles, ce dont elle n’était pas forcément fière). La voix de Yoru la tira de ses pensées, et ses paroles l’horrifièrent.

- J’ai tenté… d’abuser d’elle. Je le regrette, mais ça ne change rien. Elle me déteste maintenant, et tu as le droit de me détester aussi.

Le tempérament sanguin déjà malmené de la jeune femme lui fit voir rouge et elle s’emporta immédiatement. Elle enserra le jeune homme dans des lianes qu’elle fit surgir de la terre, et lui décocha un coup de poing en pleine mâchoire. Sonné et ligoté, il ne riposta pas et tomba au sol. Mirai se pencha au dessus de lui et l’attrapa par le col de sa chemise.

- Comment… as-tu… osé… toucher ma sœur… jumelle… ESPECE DE FUMIER !

La colère l’aveuglait et la faisait s’exprimer de manière saccadée. Elle se rendait compte qu’elle s’était fourvoyée depuis le début. Elle s’était sentie trahie, et l’avait effectivement été, mais pas par la personne qu’elle avait accusée. La vérité qui s’imposait à elle la submergea brutalement. Il l’avait trompée. Elle l’aimait et il l’avait trompée. Et elle avait préférer le croire lui plutôt que sa jumelle. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Comment avait-elle pu se détourner de Yume ? Comment avait-elle pu choisir de ne plus lui faire confiance ? Des larmes de rage, de tristesse et de honte s’écoulèrent sur ses joues. Elle lâcha Yoru et resta assise sur lui, en pleurant toutes les larmes de son corps. Il ne bougea pas, n’essaya pas de la repousser, ni de se détacher. Il attendit qu’elle se calme. Comme ça n’arrivait pas, il essaya de lui parler.

- Je me doute que ça ne changera rien, mais je suis vraiment désolé. Je suis conscient d’avoir bouleversé ta vie et…
- Tais-toi, sanglota-t-elle. Je ne veux plus t’entendre !
- S’il-te-plaît… écoute-moi, la supplia-t-il.
- Non ! Tu me dégoûtes ! Je savais que tu ne voulais pas de moi, mais je pensais au moins qu’on était amis, et toi, tu me dis que tout est faux ! Comme si de rien n’était ! T’es vraiment une belle ordure Yoru !
- Je sais. Et je ne te demande pas de me pardonner. Mais malgré tout, je voudrais quand même que tu saches que la personne qui m’a rendu la vie plus facile là-bas, c’était toi. Tu m’as accepté alors que tous les membres de la guilde se méfiaient, et grâce à toi, ils ont fini par me considérer aussi comme l’un des leurs. Tu m’as tout de suite traité comme ton égal, et je ne te remercierais jamais assez pour ça. Tu étais facile à vivre et tu te montrais tout le temps joyeuse, même quand je te repoussais. Tu ne m’en voulais jamais. Tu m’as aidé à me sentir chez moi et pout la première fois, j’ai eu l’impression d’avoir un foyer, et quelqu’un qui attendait mon retour. Je crois que tu as été la seule vraie amie que j’ai eue à Dreaming Light. Que j’ai eue de toute ma vie.
- Tu n’as pas le droit de me dire ça, plus maintenant, chuchota Mirai, les paroles du jeune homme la touchant plus qu’elles n’auraient dû.

Puis, elle reprit peu à peu le dessus sur son chagrin, et reprit d’une voix plus forte et assurée :

- La seule raison pour laquelle je ne te livre pas maintenant à mon père et ma sœur, c’est cette stupide prophétie. Je dois encore rester ici.

Ils restèrent silencieux quelques instants, que Mirai mit à profit pour se reprendre complètement, et fermer son cœur. Elle avait les idées plus claires, et se rendit compte de quelque chose. Malgré elle, elle sentit un peu d’espoir au fond d’elle.

- Pourquoi tu m’as raconté tout ça ? Et n’essaie pas de m’embobiner !
- Je n’ai pas fini mon histoire, si tu voulais bien me détacher…
- Hors de question.
- Au moins te lever ?

Mirai se rendit compte qu’elle était toujours assise sur Yoru et se leva précipitamment, essayant de cacher son trouble. Elle se serait mis une claque ! Pourquoi lui faisait-il toujours autant d’effet, alors qu’il lui avait raconté toutes ces horreurs ? Il lui fallait peut-être un peu de temps pour accepter tout ceci. Elle lui lança un regard noir, attendant qu’il poursuive. Il comprit le message et recommença à parler.

- Après être parti, je suis rentré ici, toujours ivre de colère. J’ai dit à Kyouaku que la prêtresse m’avait démasqué et que j’avais dû vous quitter. Peu à peu, j’ai commencé à avoir des remords, mais j’étais trop fier pour l’admettre. J’ai cependant dû me rendre à l’évidence, je ne voulais pas qu’il mette son plan à exécution et tue Yume, mais il était bien plus fort que moi. Alors que je cherchais un moyen pour l’arrêter, tu as débarqué ici, prétendant t’être disputée avec ta sœur, et avoir quitté Dreaming Light. Je suis vraiment tombé des nues lorsque tu m’as dit que tu réprouvais ce qu’elle m’avait fait, et que tu voulais entrer à Dark Holders. J’ai vite compris que tu ne savais pas tout, et j’ai décidé de ne rien te dire et de te surveiller, pour que tu ne fasses rien de stupide et dangereux, comme attaquer Kyouaku toute seule par exemple. Je ne pouvais pas croire que tu avais tourné le dos aux tiens si facilement et je pensais vraiment que tu flancherais lorsque nous avons attaqué Dreaming Light. Du coup, j’ai eu un doute quand j’ai vu que ce n’était pas le cas, mais tu jouais la comédie n’est-ce-pas ? D’une façon ou d’une autre, tu as découvert les intentions de Kyouaku et tu veux l’empêcher d’agir ? C’est pour ça que tu te tues à petit feu en te forçant à voir l’avenir ? Qu’est-ce que tu allais faire chez lui ? Ne me dis pas que tu as vraiment l’intention de le défier seule !

Mirai était vraiment désorientée. De plus, se souvenir du déchirement qu’avait provoqué la destruction de sa guilde, à laquelle elle avait participé ne l’aidait pas à rester concentrée. Mais Kyouaku l’avait persuadée que c’était la seule manière efficace de faire diversion et pouvoir ainsi empoisonner sa sœur et éviter que tout Dreaming Light ne se lance à leur poursuite.
Elle leva des yeux hésitants vers son interlocuteur. Elle ne savait plus du tout si elle devait le croire. Elle en avait tellement envie ! Mais il avait déjà abusé de sa confiance, elle ne se ferait pas avoir une seconde fois. Elle le regarda dans les yeux. Il avait l’air sincère. Elle fit disparaître les liens qui emprisonnaient Yoru, tout en restant sur ses gardes.

- Ne te méprends pas, lui dit-elle froidement. Je ne te crois, ni ne te pardonnes. Si tu regrettes tellement tes actes, va-t-en et laisse-moi finir le travail ici. Mais avant, j’ai une autre question, poursuivit-elle en se souvenant d’un détail qui l’avait interpellée au tout début de leur conversation. Pourquoi as-tu hésité lorsque tu m’as dit que Kyouaku savait que ma mère était morte ? Comment l’a-t-il su ?

Yoru était vraiment réticent à répondre à cette question. Mirai était déjà contrôlée par sa fureur, même si elle se contenait, et la réponse menaçait de la faire exploser à nouveau. Il aurait vraiment préféré le lui apprendre plus tard.

- Ta mère étais partie seule avant de mourir, tu te souviens ?

La jeune femme acquiesça, attendant la suite.

- Et bien, elle n’était pas partie se purifier dans la montagne comme elle l’avait prétendu. Elle est venue ici dans le but de défier Kyouaku. Elle avait vu qu’il était celui évoqué par la prophétie et voulait le vaincre elle-même, grâce à ses pouvoirs de prêtresse de la lumière sacrée. Malheureusement, elle n’était pas l’élue, et elle n’a pas pu libérer la totalité de sa puissance.

Il marqua une pause, sembla hésiter à poursuivre.

- C’est pour ça que je ne veux pas que tu tentes d’éliminer Kyouaku toi-même, reprit-il. Si ta mère n’a pas pu le vaincre, tu ne le pourras pas non plus. Il n’a pas absorbé ses pouvoirs car ce n’était pas les siens qu’il voulait, et il avait besoin que l’une de vous deux les hérite d’elle. Alors il a fait en sorte que vous retrouviez son… son corps… Ta sœur est la seule à pouvoir le l’éliminer maintenant, il est devenu bien trop fort au fil du temps. Il est intelligent aussi, il a su s’entourer de mages puissants pour couvrir ses arrières…

- Alors, c’est lui qui…, l’interrompit Mirai, les yeux écarquillés d’horreur.
- Oui Mirai, c’est lui qui a tué ta mère.











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