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Epouse-moi

Darkangel Guard

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Niveau : [13+] Résumé : Haruhika Omoikiri est une messagère méconnue de la 4e Division jusqu'au jour où son secret est découvert par Byakuya Kuchiki,dont elle est amoureuse.Pour la sauver,une seule solution:devenir puissante et la marier à un noble haut-placé...Lui. Bya+Autre personnage

Disclaimer : L'univers et ses personnages appartiennent au fantastique Tite Kubo. Seule Haruhika et les autres personnages ou idées inventées par moi m'appartiennent.


Chapitres : 5 . 6 . 9 . 7 . 8 . 1 . 2 . 3 . 4 . 10 . 11 . 12 .
Chapitre 9 :: Abandonner

† Chapitre précédent †

La peur au ventre, ils retinrent aussitôt le corps à nouveau, qui se débattait et convulsait dans tous les sens. Cette fois, c'est une facette complètement inconnue jusqu'à ce jour qu'il découvrait chez sa fiancée. Il voyait ses larmes couler, son corps rompu par l'extrême fatigue, tremblant, incapable de donner tout l'effort nécessaire semblait-il. Elle serrait les dents à s'en rompre la mâchoire, fermer les yeux avec force, sa jambe tenant le brancard à distance tremblait violemment. Elle semblait au bord de l'évanouissement.

Comme toujours, le noble Kuchiki prit rapidement une décision et vint se placer derrière elle d'un shunpo habile. Il passa un bras devant elle, sur son ventre et des deux mains, au-dessus de celles de son apprentie que le manche de son katana vibrant, il l'aida à tirer. Il enflamma son reiatsu tandis qu'il posait également son pied droit contre le brancard.

Le corps de la jeune shinigami contre lui était brûlant. Elle lui jeta un regard en coin et ils hochèrent la tête ensemble après un instant, l'air d'accord. Ils rassemblèrent leurs forces. Personne ne comprit leur échange et leur étrange complicité.

† Présent †

Quelques secondes plus tard, grâce à l'intervention du Capitaine, le blessé cessa de se débattre. Ses traits se détendirent et les bandages recouvrant son être étaient lourdement imbibés de sang. Haruhika cessa de tirer et son fiancé la libéra en s'écartant prudemment d'un pas. Elle reposa sa jambe à sa place et déchira d'un geste vif le bandage qui s'enroula et s'attacha de lui-même autour du poignet du malade inconscient.

Aussitôt terminé, elle s'effondra à genoux avant de retomber en avant sur ses mains, la respiration sifflante, les gouttes de sueur perlant à son front, le corps tremblant. Un écran noir s'abattit soudain quelques secondes sur ses yeux. Sa réserve d'énergie spirituelle envoyait d'inquiétants signaux d'alarme. Elle était au bord de l'évanouissement.

-Qu'on le lave et qu'on me le ramène encore chaud aussitôt fait, ordonna-t-elle à l'équipe, qui s'exécuta aussitôt. Suivant !

-Omoikiri, il suffit, tu ne peux aller plus loin.

-On a besoin de moi !

-Peu importe ce que l'on exige de toi, ou ce que tu exiges de toi-même, il faut savoir reconnaître le moment où ton corps ne peut plus te le permettre, dit-il doucement en s'accroupissant à sa droite pour la soutenir par les épaules.

-Je ne peux pas m'arrêter. Vous avez vu les dégâts. On a besoin de moi.

Ses mains nobles tenaient prudemment ses épaules, mais avec une certaine fermeté, l'air de croire qu'elle serait prête à perdre connaissance à l'instant et qu'il lui fallait se tenir prêt. Son côté entêté revenait. Elle ne savait pas lâcher prise.

-Ton corps ne peut plus te suivre. Il a déjà été rompu par les entraînements répétitifs.

-Il fera ce que je lui dirai de faire autant de temps qu'il le faudra. Ma volonté est plus forte et vous le savez ! s'exclama-t-elle, susceptible.

-…Depuis combien de temps utilises-tu cette technique ? demanda-t-il en invoquant son calme légendaire. Je n'en ai jamais entendu parler.

-Cette après-midi, répondit-elle d'une voix d'outre-tombe, sa tête basculant vers l'avant, dépitée. Depuis le premier malade écrasé par le pied du Menos Grande, à peine vivant, les côtes enfoncées dans les poumons. Koutashi Kogane me l'a apprise au moment qu'il jugeait le plus importun.

Le Capitaine se dit qu'il serait véritablement temps qu'il fasse quelques recherches sur Koutachi Kogane. Ses pouvoirs semblaient indénombrables quand maîtrisé.

-Cette technique te vide d'une grande partie de ton énergie et en ce moment, tu dois la vie à tes seuls entraînements. Arrête-toi et mets-toi hors de danger, avant que tu ne mettes en danger un patient à ton tour.

Elle s'assit sur ses talons, tourna la tête vivement et jeta sur lui un regard bleu infiniment triste et impuissant. Elle fut étonnée qu'il s'inquiète d'une telle chose. Qu'il s'inquiète pour elle, bien qu'il ne s'en rende même pas compte. Mais étant capable de le lire…elle savait.

Et elle semblait à deux doigts de craquer, de flancher, et de s'en remettre à lui.

-Mais…vous ne comprenez pas, assomma-t-elle d'une voix faible, au bord des larmes. Si je ne le fais pas, qui le fera ? Vous n'avez rien à vous reprocher vous, vous avez détruit le Menos Grande ! Cette technique…me permet de remettre les os en place, les réparer et de guérir la chair d'un patient en échange d'énergie spirituelle. C'est si peu cher comparé à ce qu'elle offre. Je ne peux pas les abandonner !

-Certainement. Mais présentement, tu n'es plus en mesure d'offrir aucune énergie spirituelle à ton Zanpakutto pour cette technique. Si tu continues ainsi, tu vas te mettre en danger et prend le risque de ne plus pouvoir guérir personne pendant plusieurs jours au lieu de quelques heures. Et ce moment venu, tu seras véritablement inutile à ceux qui t'entourent.

-…Comment ?

-Cette division a besoin de ses membres en pleine forme afin d'effectuer le travail efficacement. Mais tu as atteint ta limite.

-Omoikiri ! on cria. Le nouveau patient ! informa-t-on alors qu'on installait déjà le brancard.

Ils continuèrent de se toiser du regard.

-Je demanderai de l'aide aux autres divisions pour soutenir la 4e par un papillon de l'enfer dans quelques instants. Il est évident qu'une seule division et ses effectifs ne sont pas suffisants face à cette crise imprévue. Je ne m'attendais pas à de tels dégâts.

Le sourcil de la jeune fille tressaillit. Il la sentait de plus en plus proche de l'abandon. Elle était à un cheveu près de s'endormir et de laisser son corps s'effondrer sur place et ils en étaient tous les deux conscients.

« Le dernier. » Ce fut au tour du sourcil du noble de tressaillir. Elle souhaitait encore lutter. Mais il savait très bien où ce petit jeu pouvait les mener. Un dernier, un dernier et encore un dernier, car en vérité ils méritaient tous ses soins d'urgence.

Elle soutint son regard tandis que l'équipe attendait impatiemment, outrée par leur comportement dédaigneux. Il finit par soupirer, sachant que c'était la seule façon pour qu'elle abandonne.

-Très bien, amenez-le moi plus près, ordonna-t-elle en se relevant.

Byakuya fit semblant de ne pas avoir remarqué la façon dont elle avait tangué et avait sauvé les apparences en la tenant par les épaules.

Elle procéda de la même façon, et il la soutint de la même manière. C'était un blessé moins grave, encore si jeune. Il lui prêta son énergie spirituelle et fit en sorte de dominer le sien, afin que le zanpakutto vole son énergie plutôt qu'elle. Cela fonctionna à merveille, et pendant les quelques secondes où leurs énergies s'élevaient telles des torches humaines dans la salle, il avait la sensation d'être intimement liée à elle : ressentant tout ce qu'elle ressentait.

La guérison était à peine finie qu'elle s'écroula contre lui, les yeux clos. Quelques secondes plus tard, elle reprit connaissance sur un brancard. Byakuya était penché au-dessus d'elle, l'esprit alerte, le visage fermé mais ses magnifiques yeux gris améthyste fixés sur elle avec attention.

-Byakuya, murmura-t-elle en retirant le katana de son obi rendu carmin par le sang. Prends Koutashi Kogane. Il t'obéira autant qu'à moi, c'est promis. Alors…Continue, je t'en supplie. Il ne faut pas que je m'arrête.

-Haruka… Entendit-elle comme s'elle s'en allait déjà, loin, loin dans les limbes de l'inconscience.

-Sinon…inutile…

Silence. Elle était déjà partie.

« Alors comme ça toi et moi on va devoir coopérer un moment ? » lui lança narquoisement ce qui semblait être Koutashi Kogane. « Pourras-tu seulement soutenir la cadence ? » Rire sardonique. Nul doute que sa maîtresse et lui étaient fait pour être liés, car ils avaient en commun la même transparence et la même insolence passionnée.

« Contentons-nous simplement de fournir le travail exigé le temps qu'il faudra. » répondit le noble. Rictus. « À moi la gloire ! » susurra simplement le zanpakutto de façon mystérieuse.

† Quelques heures plus tard †

-Capitaine Kuchiki! S'exclama-t-elle, essoufflée.

Il releva les yeux tandis qu'un énième brancard s'éloignait de lui pour laisser place à un nouveau patient. Haruhika s'approcha de lui en courant et tenta tant bien que mal d'ignorer la fatigue écrite en toutes lettres sur le visage de son aimé.

Des gouttes de sueur perlaient à son front jusque son menton, ses paupières tombaient, il semblait plus pâle, son uniforme était froissé et sali, ses mains maculées de sang et surtout, son énergie spirituelle s'était épuisé à une vitesse hallucinante. Jamais elle n'aurait cru le voir sous ce jour...Aussi proche d'elle.

Mais il ne fallait pas trop rêver. Sa posture était toujours aussi droite et fière, son visage inexpressif, ses yeux gris violacé aussi durs, froids et intransigeants.

-Tenez, j'ai réussi à en avoir pour deux.

Des remontants fraîchement sorti de la 12e Division et distribué à tout ceux qui déambulaient dans la 4e. Les renforts avaient été si nombreux qu'il était devenu impossible de circuler où que ce soit sans jouer des pieds et des coudes. C'était un miracle qu'elle ait réussi à en avoir deux. Elle est pleine de surprise.

Elle avala goulûment le premier et lui tendit le tissu qui contenait le dernier, afin qu'il ne salisse pas la pilule avec ses mains ensanglantées. Aussitôt fait, ils sentirent tous les deux une vague d'énergie comme tout droit sorti du néant. Ils se toisèrent du regard ensuite.

-Je reprends le travail. Merci de m'avoir remplacé si longtemps et d'avoir supporté Koutashi Kogane.

-Hé !

-Je vous en prie, c'est à votre tour de vous reposer.

Il est vrai que quatre heures après être tombée inconsciente, elle avait enfin repris connaissance, ses batteries rechargées par son Lieutenant Kotetsu. Depuis, elle avait eu le temps de se doucher, se changer, faire son rapport à son Lieutenant et au Commandant Yamamoto sur l'incident arrivé quelques secondes avant l'arrivée du Grande Menos à la 1ère Division. Bien sûr, on ignorait si ces deux évènements avaient un quelconque rapport. Mais ayant dit tout ce qu'elle savait, elle ne pouvait rien faire de plus…son pouvoir avait des limites.

-Il me reste encore des réserves. Je peux toujours poursuivre.

Elle observa avec plus d'attention ses paupières tombantes et la pâleur de sa peau. Elle sentait sa fatigue comme si c'était la sienne.

Déjà un nouveau brancard arrivait et s'installait entre eux. « Que diriez-vous…de poursuivre ensemble ? » demanda-t-elle avec une certaine timidité…et attente dans le regard. Il se contenta d'observer les dégâts sur le nouveau malade. Celui-ci avait déjà reçu les soins de premier ordre, mais il fallait solidifier ses soins de façon durable. Quoi de mieux de la nouvelle technique de soin de Koutashi Kogane ? « Nous serions plus efficace, Capitaine Kuchiki. » assura-t-elle en essayant d'attirer son attention.

Il ne réfléchit qu'une seconde avant de s'écarter du brancard et de retirer le zanpakutto de sa ceinture. Lisant ses pensées, elle ne put s'empêcher de sourire doucement et de lui lancer ce regard bleu…langoureux. Plein d'amour et d'admiration. Il toussota pour l'ignorer, en regardant ailleurs.

Elle vint placer rapidement dos à lui en saisissant le katana d'un air décidé et impatient. « Enveloppe, Koutashi Kogane ! » Le bandage s'infiltra parmi les divers tissus, tandis que l'équipe de soin, composée d'autant de membres de la 4e division que d'étrangers, s'empressa de maintenir le blessé. D'un même mouvement, ils placèrent leur jambe droite contre le brancard, leurs genoux côte à côte, tandis qu'elle plaçait le katana à sa hanche gauche. Il plaça un bras devant elle alors que ses mains délicates saisissaient avec une poigne surprenante le manche du sabre avec elle, par-dessus ses propres mains.

Le cœur de la jeune fille battit la chamade lorsqu'elle sentit le corps de son fiancé se presser au sien pour résister au tiraillement. Elle se sentit entourée de tous parts. Et soudain, leurs énergies s'enflammèrent dans un concert aussi étrange qu'harmonieux. Les flammes de reiatsu s'élèvent jusqu'au plafond, se frictionnant l'une l'autre, se mélangeant dans un artifice de rose et de bleu éclatant et léchant le corps du patient. Leurs yeux s'illuminant prirent la couleur de leurs énergies.

Jamais elle ne s'était sentie si proche de lui. Ils étaient en diapason, comme sur la même longueur d'onde. C'était comme si les rubans de leurs énergies spirituelles s'entrelaçaient étroitement. D'ailleurs, la façon dont il la tenait ressemblait à un enlacement. Un enlacement digne d'un mari enlaçant étroitement sa femme.

Elle n'entendit pas les craquements d'os, ni les plaintes du patient. Le décor disparaissait. Elle était plongée dans un océan de rose couleur fleur de cerisier et de bleu céleste, dans le cœur même de leurs êtres emmêlés.

Lorsque sa vision revint, le brancard avait disparu et l'équipe suivante s'apprêtait déjà à entrer. Le corps du Capitaine s'était détaché et éloigné du sien, mais uniquement de quelques centimètres. Il respirait lourdement et son souffle chaud s'égarait sur le sommet de sa tête.

Elle n'avait pratiquement pas senti son zanpakutto lui drainer d'énergie. Mais elle savait que la séance ne faisait que commencer. Après une dizaine de patients, elle ne pourra certainement plus se vanter d'être au mieux de sa forme. Et Byakuya non plus.

-Capitaine ? (Elle savait qu'il l'écoutait.) Soyons forts et courageux. (Grande inspiration) La journée, et celle de demain également, sera longue…

† Trois jours plus tard †

Elle ouvrit les yeux rapidement mais les referma aussitôt. Comment se faisait-il que la lumière pénétrait sa chambre ? Une odeur de fleur de cerisier flottait dans l'air…

Son esprit était encore embué et ne captait rien ne concret, mais il était clair que quelqu'un était présent dans la même pièce.

-Byakuya… ? murmura-t-elle.

-C'est Capitaine Kuchiki en ce qui te concerne.

Avec des douleurs dans tout le corps, elle se mit en position assise en se frottant les yeux et en inspirant fortement. Elle dégagea ses longs cheveux noirs aux reflets nocturnes et le noble fit face à deux incroyables saphirs azur le fixant avec adoration, tandis qu'un sourire mutin étirait ses lèvres encore pâles de sommeil.

-Tu as raté la cérémonie consacrée aux défunts, jeune sotte.

Son sourire disparut aussitôt tandis qu'elle écarquillait les yeux. Elle eut un bref aperçu de la cérémonie à travers l'esprit du Capitaine. Elle soupira de dépit, hochant la tête, déçue par sa propre attitude.

-J'étais si fatiguée…Capitaine. Pardonnez-moi.

-C'est au Capitaine Unohana que tu dois présenter tes excuses, Shinigami. Je t'avais pourtant prévenu hier soir de ne pas en faire trop, réprimanda-t-il d'une voix coupante.

-Je ne pouvais pas abandonner mes malades. C'est contre ma nature.

Il ne répondit pas et se contenta de la fixer dans les yeux, en se retenant de les lever au ciel. Assis sur ses talons, à un mètre d'elle et de son futon. Sa seule arme contre le sommeil et la fatigue pour lui était l'immobilité lui semblait-elle.

Contre nature…bien sûr qu'il le savait. Il était le mieux placé pour le savoir. Pour l'avoir compris. Et il valait mieux pour elle que ce soit le cas, avait-il remarqué. Sans quoi son objectif serait intouchable.

Il savait également qu'elle serait épuisée lorsqu'il l'avait laissé la veille au soir, c'est pourquoi…

-Vous avez fait en sorte qu'on ne me réveille pas ? questionna-t-elle en suivant le fil de ses pensées.

Un silence lui répondit encore. Il la regardait si différemment depuis ces trois derniers jours. Il méditait sans cesse. Et parfois, quand il ne se cachait pas d'elle, elle n'arrivait pas à le suivre, preuve qu'il était en pleine confusion…alors que d'habitude, ses pensées étaient aussi ordonnées que ses papiers administratifs.

-Il reste une dernière cérémonie. Elle a lieu dans la salle principale de la 4e Division. Tu ne peux échapper à celle-là. Tu devrais te préparer rapidement, ordonna-t-il en se levant et en quittant la pièce, avec la fluidité et la grâce d'une brise de printemps.

† Salle principale de la 4e Division †

Elle se demanda pourquoi tous les Capitaines et leurs Lieutenants étaient présents.

À l'entrée des grandes portes coulissantes en bois, une foule de shinigamis toutes divisions et tout rangs confondus. Bien sûr, une grande partie de la 4e était manquante, car elle devait continuer la permanence à tour de rôle. Ayant travaillé plus qu'il n'en fallait, Haruhika avait eu droit à une permission d'une matinée. Mais après la cérémonie de ce début d'après-midi, elle devrait reprendre le travail. Avec Byakuya, comme ces derniers jours, elle espérait.

Assez rapidement, le Capitaine Unohana s'avança pour présider la cérémonie et commença son discours. Visiblement il s'agirait encore une fois d'honorer les morts mais aussi de remercier les renforts apportés par les autres Divisions du Gotei 13.

Haruhika n'osait pas entrer. Se tenir à cette distance était déjà difficile pour elle. Trop de monde s'était rassemblé au même endroit. Elle ne supporterait pas le surplus d'informations. Elle n'entendait même pas le discours prononcé par son Capitaine. Le brouhaha des pensées collectives provoquait un vacarme infernal. Elle tentait tant bien que mal de fermer son esprit à son environnement, mais elle ne parvint à se distraire qu'en reportant son attention sur le Capitaine de la 6e Division.

Les yeux fermés, l'allure noble, la posture rigide, le dos droit. Et ses éternelles mèches d'ébènes barrant son visage de dieu grecque. Cette beauté froide à tomber par terre et qui continuait à la captiver, même cinquante ans après le premier aperçu qu'elle en avait eu.

Il ouvrit ses yeux d'un gris clair violacé d'un air inquisiteur. La foule s'agitait. Ils ne tournaient les uns vers les autres, comme s'ils se cherchaient. Elle ne comprenait rien, la cacophonie était trop confuse et bruyante.

Soudain, Isane surgit de la foule et s'approcha directement d'elle, tandis qu'Haruhika reculait par réflexe, s'éloignant de l'ouverture de la salle. Elle voyait ses lèvres bouger mais elle n'entendait pratiquement rien. Soudain, elle la prit par le bras pour l'emmener d'un pas empressé. Elle tenta de résister avec une panique certaine montant en elle à l'idée de traverser la foule d'esprit qui avait focalisé son attention sur elle.

-Non, non ! Arrête ! Je t'en prie ! Isane ! s'écria-t-elle en fermant les paupières de toutes ses forces.

-Qu'est-ce qui te prends ?! Ne sois pas timide. Viens, c'est ton jour de gloire !

Ainsi commença l'enfer. Elle revit la scène, le passé, le présent, tout mélangé, de cent, mille, deux mille points de vue différents. Elle plaqua ses mains contre son visage, avec la sensation de marcher le crâne fendu à l'air libre. Elle sentait son corps tiré par la force insoupçonnée de sa meilleure amie. La pression mentale qui s'exerçait sur elle était incommensurable et anesthésiait tout autre sensation. Elle avait l'impression de flotter.

La douleur physique la pressait de tout part. Son corps déjà rompu par la fatigue, son crâne menaçait maintenant d'exploser. Elle sentit soudain son pied heurter une marche. Combien de temps avait-elles mis pour traverser la foule ? Une éternité et un océan de douleur lui semblait-il. Elle se retint de crier sa peine.

L'ascension des marches s'était arrêtée dirait-on. Un esprit calme mais fatigué s'approchait d'elle lui semblait-t-il. Une autre, plus écrasante et puissante se dirigeait vers elle également. Elle ouvrit les yeux. Elle les entrevoyait à travers un rideau bleuté, au bord de l'inconscience.

Le Capitaine Unohana avait saisit un de ses bras. Derrière la brillante femme, le Commandant. Son esprit sage et vif semblait avoir saisi son problème. Il était si imposant que la cacophonie se réduit d'instant en instant. Haruhika tenta de ne se concentrer sur les esprits environnants, tout en essayant d'oublier les deux mille autres. Ou du moins de ne plus les analyser.

Derrière les paupières ridées du Capitaine de la 1ère Division, des yeux d'une grande sagesse et d'une grande intelligence. Mais aussi de l'inquiétude. De la tristesse et de la colère pour tous ceux qui étaient morts. De l'impuissance et une impression d'injustice. Un stress intense. Une âme marquée par les évènements malheureux et perturbateurs incessants. Affaiblie par les catastrophes régulières.

Haruhika soupira pour se calmer et laissa son Capitaine la manipuler pour qu'elle soit face à l'assemblée. Sa voix résonna plus de deux mille fois.

-Voici Omoikiri Haruhika, qui, comme vous avez pu le constater, est très timide. (Un rire parcourut l'auditoire, ce qui la fit grincer des dents.) Elle est présente ici devant vous, aujourd'hui, en tant qu'exemple.

Elle marqua une pause. La jeune subordonnée ne put s'empêcher d'observer sa Capitaine à sa droite.

-Omoikiri a été un modèle de courage et de droiture exemplaire depuis ses débuts. Et je sais que sa persévérance sera un jour légendaire. Néanmoins, depuis les premiers instants de la catastrophe, Omoikiri a été plus qu'exemplaire. Elle a été exceptionnelle.

Plus loin à sa droite, dans la file de Capitaine, elle vit le noble fixer ses yeux sur sa silhouette.

-Aidée du Capitaine Kuchiki et de l'une des meilleures techniques de soin vue à ce jour, apprise grâce à son zanpakutto, Haruhika a soigné pas moins de 209 blessés, dont certains au seuil de la mort, jusqu'au stade final, en échange d'énergie spirituelle. Le stade final, qui, je vous le rappelle, constitue la guérison complète du patient.

Un silence complet et quasi-religieux suivi ces paroles. Lorsque soudain, peu à peu, des applaudissements se faisaient entendre ci et là. Bientôt, la foule toute entière applaudit bruyamment, lançant de temps à autre des sifflements admiratifs et encourageants. Haruhika observa la scène, interdite. Et s'inclina humblement, les yeux grands ouverts.

-C'est pourquoi je voudrais qu'elle soit un exemple pour tous. Un exemple que nous pouvons tous être, aujourd'hui ou demain, peu importe, l'important est d'être exemplaire. Durant ces trois jours insupportables, Haruhika a soigné sans relâche et a su prouver que le travail de la 4e Divsion était un travail difficile et éprouvant. Et je sais que ceux qui y ont vécu une expérience respecteront à jamais ses membres désormais.

Une nouvelle exclamation collective approuva ses paroles censées et glorifiantes.

-Elle nous a montré à quel point il était difficile de ne jamais lâcher prise, de laisser partir les morts, mais aussi qu'il ne fallait jamais abandonner. Elle n'a abandonné aucun des patients qui lui ont été confiés et je sais qu'ils leur en seront éternellement reconnaissants, sans oublier tous ceux qui, grâce à elle, peuvent envisager de marcher et continuer leur travail de shinigami, malgré les importants dégâts reçus. Remerciez-la, prenez-la pour exemple, et remerciez également le Capitaine Kuchiki pour son aide précieuse.

Une nouvelle vague d'applaudissements et de sifflements secoua la foule et la salle toute entière. Elle se redressa, le dos en miettes. Les murs et le toit tremblaient. Elle jeta un regard circulaire à l'assemblée s'agitant à ses pieds. Leur sourire, leurs mouvements vifs et confus, les cris admiratifs, les paroles encourageantes…leur joie.

La joie de Koutashi Kogane.

-Etais-ce…ce que tu voulais depuis le début ?

-Non. C'était ce que nous voulions. Mes désirs reflètent les tiens, quoi que tu dises. Au fond de toi, tu voulais tellement être reconnue, justement parce que tu savais que tu serais condamnée à évoluer dans l'ombre toute ta vie.

La jeune shinigami coula un regard vers Kuchiki Byakuya. Il la regardait vraiment, car contrairement à il y a cinquante ans, il la reconnaissait. Et dans ses yeux d'habitude inexpressifs, elle y lisait enfin le respect. Ses mains l'applaudissaient, comme quatre mille autres.

-Mais c'est fini, désormais. Nous pouvons enfin être nous-mêmes. Nous réalisons ensemble nos rêves. Et peu importe ce que tu penses de ton pouvoir, c'est lui qui t'as permis de te faire reconnaître de l'homme que tu aimes, Haru.

Ses yeux améthyste la fixaient, elle, parmi tous les autres. Il lui semblait oublier tous les autres lorsqu'il la fixait ainsi. Son regard respirait l'estime. S'était-elle rendue digne de lui ?

-Et dans son regard, tu lis comme moi le respect. Et tu espères une jour que tu y liras l'amour. Et tu sais que pour cela, il suffit que tu n'abandonnes jamais.

-…Tu m'aideras ?

-Comme toujours, Haru. Je ne t'abandonnerai pas.

Elle glissa une main chaleureuse et tendue par l'émotion sur le manche de son katana. Elle y frotta énergiquement son pouce pour montrer son attention. Puis elle s'arracha à la contemplation de son aimé pour se re-concentrer sur la foule.

« Merci », dit-elle à voix haute. Elle s'inclina de nouveau. « MERCIIIIIIIIIIII ! » Elle leva les bras, le sourire aux lèvres. Des acclamations lui répondirent. Elle sut à ce moment que tout travail était réellement récompensé.

-Haruhika ? lui glissa Unohana à l'oreille.

-Oui, Capitaine ? répondit-elle en baissant les bras et en tournant son visage vers son interlocutrice.

-Lorsque tu auras fini ce que tu as à faire, (elle jeta un rapide coup d'œil au Capitaine Kuchiki), je souhaite te faire une promotion.

-C-comment ?

-Je souhaite te confier le poste de 8e officier. Tu dirigeras une équipe spécialement conçue pour toi et ton pouvoir. J'ai besoin de toi. Qu'en dis-tu, mon admirable Haruhika ?

-Je…je… ! (Elle ne sut comment elle parvint à contenir sa joie en un simple sourire éclatant.) Je dirais que si vous n'étiez pas ma Capitaine, Capitaine, je vous sauterai certainement au cou.

Unohana rit gentiment.

« Oui...

Nous n'avons point de destinée...

Ensevelis que nous sommes dans l'ignorance

et dans l'horreur, seuls quelques malheureux parmi nous perdent l'équilibre et tombent dans ce torrent boueux qu'on appelle la destinée… »

(Bleach Tome 6)

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