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Les nouvelles aventures de Fairy Tail : la princesse au bois rêvant

Usagi-chan

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Niveau : [G] Résumé : Le futur est-il vraiment déjà écrit, et notre destin tout tracé ? Nous, on n’y croit pas une seule seconde ! Nous sommes des mages de Fairy Tail, et notre avenir, il n’y a que nous qui puissions en décider ! Si tu n’aimes pas ce que tu vois, alors lève-toi et bats-toi pour que demain existe !

Disclaimer : La plupart des personnages ainsi que l'univers appartiennent à Hiro Mashima. Les personnages qui ne font pas partie de Fairy Tail sont à moi.


Chapitres : 1 . 2 . 3 . 4 . 5 . 6 . 7 . 8 . 9 . 10 . 11 . 12 . 13 . 14 . 15 . 16 . 17 . 18 . 19 . 20 . 21 . 22 . 23 . 24 . 25 . 26 . 27 . 28 .
Chapitre 17 :: CHAPITRE 15 : En avant ! Il faut sauver le mage Wendy ! ... Pourquoi ? ...

Mirai sentit un choc violent et revint à elle. Elle ouvrit les yeux et se rendit compte qu’elle était allongée sur une sorte de matelas très inconfortable. Pour ce qu’elle comprenait de la situation, on venait de l’y jeter sans ménagement. La jeune femme leva la tête, et son regard un peu perdu se posa sur un homme plus vieux qu’elle de quelques années. Ses yeux étaient cachés par des mèches blanches indisciplinées qui contrastaient avec sa peau mate, et recouvraient une partie de son visage.
- Gensou ? murmura-t-elle, effrayée.
Sa voix était rauque, parler lui faisait un peu mal. Alors qu’elle se redressait péniblement, les derniers évènements lui revinrent en mémoire. Yoru, Kyouaku, Sae… La désagréable sensation de noyade qu’elle avait ressentie lorsque la froide jeune femme l’avait attaquée. Les vérités qu’elle avait apprises. Un mal de crâne aigu la submergea, et elle se massa les tempes du bout des doigts. Elle sentait un picotement désagréable dans sa nuque, mais ne décela rien quand elle y passa la main. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, ils rencontrèrent ceux de l’homme aux cheveux blancs, et elle frissonna. Elle n’avait jamais lu autant de sadisme dans un regard. Ce type était dérangé et elle ne désirait qu’une chose, qu’il s’en aille.
- Bah alors, ma petite Mirai ! Pourquoi tu détournes les yeux ? Me dis pas que je te fais peur quand même !
- Fiche-moi la paix Gensou ! Tu as fait ce que tu devais faire, alors va tourmenter quelqu’un d’autre ! rétorqua-t-elle en affichant bien plus de bravoure qu’elle n’en ressentait.
- Quel sale caractère ! Mais j’aime ça. Il est tellement plus amusant de torturer les âmes fières. Les voir se briser dans mes illusions me procure un intense sentiment de jouissance. Tu as de la chance d’être dans une cellule qui annule la magie ! Mais ce n’est pas grave, je finirais par trouver un moyen de te tourmenter un peu plus… Repose-toi, il faut que tu sois en forme pour affronter ta sœur…
Sur un dernier sourire cruel, il se détourna et partit, laissant derrière lui une Mirai tremblotante. La jeune femme entendit la porte se refermer et elle s’écroula sur son matelas. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine et se mit à sangloter en silence.
Tout était fini. Elle avait échoué. Yume allait venir et elle perdrait tout. Sa sœur, son amour, tout ceux qui comptaient pour elle. Elle n’avait été que le jouet de leur ennemi et l’instrument du destin, et son entêtement allait les conduire à leur perte. Elle leur demanda pardon silencieusement, des torrents de larmes roulant sur ses joues, trempant le vieux matelas.

- Excusez-moi ?...
Mirai redressa la tête lorsqu’elle entendit une petite voix appeler. Elle sécha ses larmes et s’approcha de l’entrée de sa cellule. Elle avisa une fillette aux yeux noisette et aux cheveux d’un bleu profond, se tenant dans l’encadrement du cachot faisant face au sien. Magnifique ! La gamine qu’elle avait enlevée ! Il ne manquait plus qu’elle pour parfaire son sentiment de culpabilité. Kyouaku avait fait preuve d’une cruauté redoutable en choisissant de la mettre dans la cellule en face de la sienne, façon très efficace de remuer le couteau dans la plaie. La fillette avait l’air de s’être réveillée récemment, elle avait encore des cernes foncés sous les yeux.
Mirai n’en pouvait plus. Ses nerfs la lâchaient. Elle se mit à rire convulsivement, s’attirant un regard apeuré de l’enfant.
- Est-ce que tout va bien ? demanda cette dernière.
- Tout va très bien ! Comment pourrait-il en être autrement ? J’ai tout gâché et nous allons tous mourir à cause de moi. Franchement ! Où est le problème ?
Elle se calma rapidement, soudain lasse.
- Enfin, toi, tu vas peut-être gagner un peu de répit…
Devant le regard interrogateur de la préadolescente, elle continua :
- Tes amis de Fairy Tail vont venir te chercher dans quelques heures. Si vous survivez à ce manoir, vous aurez quelques jours de plus.
En entendant parler de ses amis, un sourire traversa le visage de la petite fille. Mais il fut bientôt remplacé par une moue inquiète, alors que les mots de Mirai s’imprimaient dans son esprit.
- Que voulez-vous dire ?
La jeune femme ne se sentait pas capable de lui raconter toute l’histoire, alors elle répondit juste :
- Disons qu’en voulant empêcher une catastrophe et en laissant mon égoïsme prendre le dessus, j’ai tout fait de travers, et maintenant ma sœur va être guérie et…
Elle s’interrompit, se souvenant de l’identité de son interlocutrice et ouvrit de grands yeux. Elle reprit :
- Tu es le Dragon Slayer des Cieux, n’est-ce pas ? Tu peux bien soigner les autres grâce à ta magie ?
- Oui, et je m’appelle Wendy.
- Pardon ?
- Je m’appelle Wendy, répéta la jeune mage avec un grand sourire. Et vous ?
- Mirai, répondit-elle, déconcertée.
- Enchantée !
Cette gamine était étrange. Comment pouvait-elle sourire ainsi dans sa situation ? Elle était en territoire ennemi, enfermée, sans magie, et en face de la personne qui l’avait enlevée ! La jeune femme se reprit. Ce n’était pas le moment de perdre le fil.
- J’aurais un service à te demander, Wendy, même si je sais que je n’en ai pas le droit après ce que je t’ai fait, poursuivit-elle. Si tu parviens à t’enfuir d’ici, j’aimerais que tu ne guérisses pas ma sœur.
- Je ne suis pas sure de tout comprendre, s’excusa la fillette.

Alors, Mirai décida de lui résumer son histoire quand même, sans entrer dans les détails. A la fin, Wendy lui sourit à nouveau et lui répondit :
- Ne vous en faîtes pas, si mes amis se mêlent de cette affaire, je suis sure que tout ira bien ! Quand ils viendront, vous vous enfuirez avec nous et nous trouverons un moyen d’arranger les choses !
- Tu veux que je vienne avec vous ? C’est moi qui t’ai enlevée, tu sais, avoua-t-elle finalement. C’est à cause de moi que tu as atterri dans cette cellule humide.
- Je le sais bien, je…
- Comment ? s’étonna la rousse.
- Votre odeur. Je vous ai sentie lorsque vous m’avez laissée ici.
Mirai en resta bouche bée. Son odeur ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Elle ne se trouvait même pas dans la même cellule que cette Wendy ! Elle ne pouvait pas sentir si fort que ça ! Pour son âge, cette gamine était vraiment impolie ! Elle se drapa dans sa dignité et décida d’ignorer la petite impertinente.
En voyant passer la jeune femme du choc à l’indignation, Wendy compris qu’il y avait un malentendu.
- Non, non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Grâce à mes sens de chasseuse de dragons, j’ai un odorat vraiment développé, et je peux reconnaitre une personne à son odeur. Ne vous inquiétez pas, vous sentez très bon, un mélange de fleurs et d’herbe coupée. Vous avez un arôme de nature, c’est très rafraichissant, et… et… je suis désolée, je suis désolée, je ne voulais pas vous offenser !
En voyant la fillette paniquer et gesticuler pour se faire comprendre, la rouquine éclata de rire. Un véritable rire cette fois, pas un ricanement hystérique d’échappée d’asile.
- Tu es vraiment trop mignonne ! Je regrette vraiment de t’avoir causé tant d’ennuis, poursuivit la mage plus sérieusement. Alors, c’est entendu. Si tes amis sont d’accord, je viendrais avec vous. Il vaut mieux pour tout le monde que je quitte cet endroit.
- Je suis sure qu’ils voudront bien ! Ils sont très gentils vous savez. Il y a Sharuru, elle est avec moi depuis que je suis toute petite. Et puis Natsu-san, c’est un Dragon Slayer, comme moi. Il se bat tout le temps avec Gray-san, mais au fond je crois que c’est parce qu’ils s’aiment bien. Et aussi Erza-san, elle est très jolie ! Elle fait un peu peur parfois, mais c’est vraiment quelqu’un sur qui on peut compter. Lucy-san est constellationniste, elle est toujours gentille avec moi, et se fait parfois disputer par Juvia-san, je ne comprends pas toujours pourquoi…
Mirai écouta Wendy parler de sa guilde avec animation une bonne partie de la nuit. La jeune mage lui raconta les aventures qu’ils avaient vécues ensembles, l’ambiance qui régnait à Fairy Tail, tous les bons moments qu’elle avait passés avec eux. Les récits de la fillette avaient un arrière goût de nostalgie. Mirai se prit à regretter l’époque où elle était encore à Dreaming Light, et où rien de tout ceci n’était arrivé. Elle sentait les larmes revenir et ses yeux la piquaient, quand elle remarqua un geste que Wendy faisait fréquemment, apparemment sans s’en rendre compte. La jeune Dragon Slayer se frottait l’arrière du cou, comme si quelque chose la dérangeait. La jeune femme se rendit compte avec une horreur grandissante qu’elle aussi ressentait une gêne sur la nuque. Un picotement qui s’étendait peu à peu à son dos, à ses bras. Elle se sentait lourde, paralysée. Wendy aussi avait l’air de le ressentir. Elle parlait plus lentement, et tout à coup elle s’affaissa sur le sol, inconsciente.
- Wendy ! cria Mirai, avant de s’effondrer elle aussi.
« Oh non ! pensa-t-elle. Ils nous ont empoisonnés ! Ces enflures ont utilisé un de mes poisons contre moi ! Je dois résister, je ne dois pas m’évanouir avant l’arrivée de Fairy Tail… sinon, je ne pourrais pas leur expliquer… ils ne m’emmèneront pas… Ah, c’est pour ça… il voulait juste me tourmenter en me faisant rencontrer cette fillette… sans prendre le risque de me voir m’enfuir… Kyouaku… a vraiment… pensé à tout… »
Au prix d’un effort surhumain, la jeune femme se traina jusqu’au pichet, dans le coin de sa cellule et s’aspergea le visage, dans l’espoir de s’éclaircir les idées. Mais la tentative fut vaine, et elle le savait. Sans sa magie et dans sa cellule, elle ne pouvait pas trouver l’antidote. Ses pensées étaient de plus en plus brouillées. Elle perdit connaissance au fond du cachot.


………………………………………………


Natsu, Erza, Gray, Juvia et Happy se matérialisèrent au milieu d’une clairière. Manque de chance pour le Dragon Slayer, son pied gauche apparut dans une crevasse, et il tomba à la renverse, en poussant un très discret « OUAAAARGH !!! ». Il se releva en se massant le postérieur.
- T’arrêterais pas un peu tes bêtises ? s’énerva Gray. On est à peine arrivés, nous fais pas remarquer maintenant !
- Tu crois que je l’ai fait exprès peut-être, crétin ?
- Non mais tu me cherches ! rétorqua le mage de glace en commençant à s’échauffer.
- Haha ! Ils vont se battre, ils vont se battre ! applaudissait Happy en volant autour des deux adversaires.
- Ah non ! Vous n’allez pas commencer vous deux ! Interdiction formelle de vous disputer à partir de maintenant jusqu’à… la fin de vos vies ! les stoppa Erza.
- Heiiiiiin ??? s’écrièrent les deux garçons.
- Qui risquent de s’achever plus rapidement que vous ne le pensez, si vous continuez à me taper sur le système ! continua la rousse. Gray, veux-tu bien garder tes vêtements ! J’aimerais qu’au moins Juvia conserve un semblant de faculté mentale ! poursuivit-elle, alors que la susnommée atteignait des sommets de rubéfaction en voyant le torse de son mage de glace adoré, partiellement dénudé.
Erza ne se sentait vraiment pas soutenue parfois !
- Bon, on se concentre maintenant. Nous allons nous diriger le plus discrètement possible vers Dark Holders, et continuer ainsi à l’intérieur, reprit-elle en appuyant bien ses mots. Natsu, dès que tu sens l’odeur de Wendy, tu nous fais signe, et on te suit. Il nous faudra agir rapidement, je ne tiens pas à me battre contre toute leur guilde maintenant. Si nous ne parvenons pas à éviter le combat et que nous devons nous séparer, nous devrons toujours rester au moins par deux. Nous sommes en plein cœur du territoire ennemi, et être seul reviendra à poser nos gorges sur leurs couteaux. N’oublions pas le rêve de Yume. Vous avez compris ?
- Roger ! répondirent-ils en cœur.
- Bien allons-y !
Erza se retourna et… n’avança pas. La jeune femme se racla la gorge.
- Hum… Quelqu’un sait-il dans quelle direction se trouve Dark Holders ? demanda-t-elle en regardant autour d’elle.
Mais elle ne voyait que des arbres.
- Happy ?
- Aye sir !
Il s’envola, et ne tarda pas à redescendre.
- C’est par là, suivez-moi !

Ils lui emboitèrent le pas, et parvinrent rapidement devant un gigantesque manoir ressemblant à un château miniature, parsemé de tourelles et de donjons. Il était uniquement fait de pierres grises, ce qui lui donnait un air austère et menaçant dans les pâles lueurs de l’aube. Ils ne se laissèrent pas décourager pour autant, et continuèrent à avancer sous couvert des arbres, et une fois n’est pas coutume, en silence. Même Natsu ne râlait pas.
Tout à coup, Erza sentit un regard pesant dans son dos, et se poussa brusquement en criant :
- Attention !
Tous s’écartèrent vivement, juste à temps pour voir un homme se matérialiser, un sabre effilé à la main, à l’endroit ou leur amie se tenait une fraction de seconde auparavant.
- Trop tard, nous sommes repérés ! maugréa cette dernière en arborant une moue contrariée. Ils nous attendaient vraiment. Je…
- Je m’en occupe, la coupa Gray.
- Juvia reste avec Gray-sama. Erza-san, Natsu-san et Happy-san vont chercher Wendy-chan pendant ce temps.
- Ok ! Natsu, dépêche-toi ! répondit la rouquine en attrapant le jeune homme par son gilet, tandis que Happy les suivait.
Ils coururent en direction du manoir alors que Gray et Juvia se mettaient en position de combat pour faire face à leur nouvel ennemi.

Ils arrivaient en direction de la porte principale de la bâtisse. Natsu accéléra, prêt à l’enfoncer avec tout ce qui pouvait bien se trouver derrière. La totalité de Dark Holders, espérait-il. Mais Erza l’empêcha de s’approcher plus en l’attrapant par le bras et en le tirant sur le côté, l’amenant contre le mur du manoir. Sous la poigne de Titania, Natsu ne put résister. Il n’eut pas le temps de freiner et voyait les pierres de la façade se rapprocher dangereusement de son visage. Et ce qui devait arriver arriva. Son nez entra en collision avec le mur, l’assommant quelque peu. Il gémit quelques secondes, avant qu’Erza ne l’interrompe, en regardant tout autour d’elle avec circonspection.
- Arrête de geindre ! Tu vas nous faire repérer !
- Quoi ? Mais je croyais qu’on l’était déjà, moi, repérés ! On perd du temps ! Allons-y, on les défonce tous et on s’en va !
- Je ne suis pas sure que le gros de la guilde sache que nous sommes là. Celui qu’on a croisé n’a peut-être pas eu le temps de les avertir. Alors maintenant tais-toi et fais ce que je te dis !
Terrorisé par le regard noir de la reine des fées, le jeune homme ne rechigna pas.
- Happy, continua cette dernière, vole discrètement autour du manoir, et voit s’il y a une fenêtre ou une entrée par laquelle on pourrait passer sans être vu.
- Aye !
Le petit chat partit et Natsu ravala son impatience, en boudant. Pourquoi fallait-il toujours que tout le monde l’empêche de faire comme il en avait envie ? Maintenant Erza, avant, c’était Lucy. Ce n’était pas croyable ce que les filles pouvaient se montrer casse-pieds parfois
En repensant à la constellationniste, le Salamander se souvint de leur étreinte de la veille. Le souvenir de la jeune fille blottie dans ses bras, leurs lèvres si proches… D’ailleurs, ça lui rappelait quelque chose, comme s’ils avaient déjà été dans cette situation auparavant…
Soudain, le murmure d’Erza (ainsi que le coup qu’elle lui mit sur la tête), le tira de sa rêverie.
- Mais, tu n’as pas bientôt fini de faire l’andouille ? Tu tiens tant que ça à voir toute la guilde débarquer ? demanda-t-elle, exaspérée.
Question idiote. Bien sûr qu’il espérait que tout Dark Holders allait arriver ! Mais cette fois-ci, il ne voyait pas ce qu’il avait bien pu faire pour s’attirer les foudres de la mage en armure. Jusqu’à ce qu’il regarde autour de lui et vit la jeune femme s’évertuer à éteindre le feu qui brûlait l’herbe à ses pieds. Mais quand avait-il bien pu faire ça ? Il en était là de ses interrogations lorsque Happy revint, en volant silencieusement. Alors qu’Erza finissait d’éteindre le brasier débutant, il prit la parole en chuchotant.
- Il y a une fenêtre mal fermée derrière le manoir, et personne aux alentours. On peut passer par là, suivez-moi !
Il fit demi-tour et les deux mages lui emboitèrent le pas. « C’est étrange, pensa Erza, ils savent qu’on arrive et ils nous laissent un accès à l’intérieur ? Ca ressemble fortement à un piège... » Alors qu’ils arrivaient devant ladite fenêtre, elle se tourna vers Natsu pour trouver le Dragon Slayer dans une position pour le moins étonnante, jambes écartées, genoux fléchis, serrant l’index et le majeur de sa main gauche dans la droite, les deux doigts de cette même main tendus vers le haut(1).
- Mais, c’est pas possible ça ! Qu’est-ce que tu fabriques encore ? s’impatienta la jeune femme en jetant un regard exaspéré à son ami.
Ce n’était pas le moment de faire des pitreries !
- Nin nin ! répondit-il en plissant les yeux.
Elle envisagea un moment de l’assommer et de le laisser là, mais, si ça l’amusait, après tout pourquoi pas ? Elle réussit à ne pas exploser lorsqu’elle vit Happy adopter la même position du coin de l’œil. Elle se rappela soudain la raison pour laquelle elle s’était retournée vers le Salamander et lui demanda :
- Est-ce que tu sens l’odeur de quelqu’un derrière cette fenêtre, ou à proximité ?
- Nin nin ! Non, il y a plein de gens dans ce manoir, mais pas près de nous. Nin nin ! Je sens l’odeur de Wendy, reprit-il après une pause, elle est ici ! Nin nin !
« Ne pas craquer, surtout ne pas craquer ! C’est un idiot, mais c’est Natsu ! ». La rouquine leva la tête vers la fenêtre ouverte se trouvant au premier étage. Elle s’équipa discrètement avec l’armure aux ailes noires et s’envola vers l’ouverture, pendant que Happy transportait Natsu. Ils s’y engouffrèrent l’un après l’autre en silence. Erza reprit son armure habituelle, puis s’arma d’une de ses épées au cas où ils feraient une rencontre impromptue.
Grâce à son odorat, Natsu trouva la direction à suivre pour trouver le Dragon Slayer des cieux. Il passa devant Erza, qui regardait autour d’elle, attentive au moindre bruit. Mais tout était silencieux. Bien trop silencieux. Quelque chose n’allait pas. Mais comme Natsu ne sentait toujours pas d’adversaire proche, elle décida que le mieux était de continuer à avancer.
De son côté, le jeune homme trouvait leur expédition terriblement ennuyeuse. Il était ENCORE obligé de ne pas faire de bruit, et il désespérait de pouvoir s’engager dans un quelconque combat. Oh, il ne demandait pas grand-chose, juste un tout petit mage noir pour évacuer son trop plein d’énergie ! Mais non, non, et non ! Avec les filles, c’était toujours la même chose. « Tais-toi Natsu ! », « Ne fait pas de bruit, Natsu ! », « Arrête de faire l’idiot, Natsu ! », « Ne casse rien, Natsu ! » et gna gna gna ! Il était sans cesse brimé ! Elles ne comprenaient rien du tout. A quoi bon partir en mission, si on ne pouvait pas se remuer un peu, hein ? Et puis, s’il cassait un ou deux trucs sans importance au passage, où était le problème ? Après tout, il n’était qu’un garçon plein de vie ! Boudeur, il enfonça ses mains dans ses poches, et ses doigts trouvèrent un petit bout de tissu. Un seul ? Il le sortit et vit sa couleur rouge. Il eut beau chercher partout, il ne trouva pas le fil blanc. Il avait dû le perdre lorsqu’ils étaient arrivés, ou quand Erza l’avait tiré sans ménagement par le bras. Ouf, heureusement que Lucy lui avait donné celui-ci, sinon il était destiné à subir, une fois de plus, les foudres de la reine des fées.

Ils traversèrent plusieurs couloirs, descendirent un étage, toujours sans rencontrer âme qui vive. La tranquillité des lieux jouait avec les nerfs d’Erza. Ils finirent par arriver devant un escalier de pierre. Natsu, tiré de ses pensées s’y arrêta et déclara, maussade :
- Wendy est là-dessous.
La rouquine réfléchit quelques instants, puis chuchota :
- Descendez et délivrez-la. Je fais le guet ici.
- Tu viens pas ? s’étonna le Salamander. Mais je croyais qu’on devait rester deux par deux ?
- Non, si c’est un piège, inutile de se faire enfermer tous les deux au même endroit. Je vous attends là.
Natsu s’engagea alors dans l’escalier, suivi de Happy qui se lamentait :
- Erza a dit « inutile de se faire enfermer tous les deux », elle ne m’a pas compté ! Erza est méchante !
La concernée leva les yeux au ciel, puis attendit.

Natsu courait dans l’escalier en colimaçon. Maintenant qu’il n’avait plus Erza sur le dos, il pouvait bien faire ce qu’il voulait ! Il arriva rapidement devant une lourde porte de bois. Par acquis de conscience, il essaya de tourner la poignée et eut un sourire ravi lorsqu’elle ne s’ouvrit pas. Chouette, enfin quelque chose à casser ! Il se prépara à donner un violent coup de pied dans le battant, lorsque Happy apparut dans son champ de vision, une grosse clé d’argent dans la patte.
- Natsu, je crois qu’on devrait essayer ça d’abord !
- Mouais, tu crois ? Tu l’as trouvée où cette clé ?
Le chat montra un anneau au mur. Dépité, le Salamander soupira.
- Pffff ! Toi aussi tu t’y mets ? Tout ça parce qu’Erza te fait flipper !
- Pense à ce qu’elle te fera si elle apprend que tu as fait du bruit pour rien !
En imaginant son châtiment, le jeune homme eut un sourire crispé et transpira à grosses gouttes !
- Aye ! répondit-il à une Erza imaginaire.
Pendant ce temps, son ami avait introduit la clé dans la serrure et au prix d’un gros effort, il la tourna et ouvrit la porte.
- Natsu, ne m’aide pas surtout ! haleta-t-il.
Le jeune homme revint à la réalité et s’engouffra dans un couloir froid, qui donnait sur plusieurs pièces sans porte. Guidé par son flair, il se hâta jusqu’à une des ouvertures et regarda à l’intérieur. Elle était bien là ! La fillette qu’ils cherchaient depuis vingt-quatre heures se trouvait sous ses yeux, inconsciente, dans une cellule insalubre.
- Hé ! Wendy, ça va ? demanda-t-il en se penchant vers elle. Aïe !
Il venait de se cogner contre… rien ! Il regarda devant lui sans comprendre. Il n’y avait pourtant rien qui pouvait le bloquer ! Il voulut vérifier et se pencha à nouveau vers la jeune mage.
- Aïe ! répéta-t-il.
Il s’était à nouveau cogné. Mais, c’était que cette non-porte le cherchait en plus ! Il ne la laisserait pas gagner, hors de question !
- Aïe ! Aïe ! Aïe !
- Natsu… Qu’est-ce que tu fais ? Fais attention, tu deviens aussi bizarre que Lucy !
- Quoi ? Dis pas de bêtise, personne peut battre Lucy à ce jeu là ! Aide-moi à rentrer dans la cellule de Wendy, plutôt !
- Aye sir !... Aïe ! Natsu, je crois qu’il y a quelque chose qui gêne le passage !
- Sans blague… Bon, puisqu’on peut pas passer par la porte, on passe par le mur !
- Aye !
Sur ce, le Salamander prit son élan et fracassa la façade de pierre, qui partit en morceaux dans un bruit de tous les diables.
- Ah ! Ca fait du bien ! exulta-t-il.
- Je crois qu’Erza ne va pas être contente…
- Oh ça va, hein ! On va récupérer Wendy, c’est tout ce qui compte ! rétorqua le jeune homme en essayant de cacher sa frayeur.
Il s’approcha de la fillette et la secoua par l’épaule.
- Réveille-toi !
Mais elle n’ouvrit pas les yeux. Inquiet, il chercha un quelconque signe de vie, et fut rassuré lorsqu’il vit sa poitrine se soulever régulièrement au rythme de sa respiration, et qu’il entendit son cœur battre. Elle semblait dormir. Il la chargea sur son dos et fit demi-tour. A cet instant, il remarqua une autre odeur, qu’il ne connaissait pas, mais qui lui rappelait étrangement quelqu’un. Obnubilé par la recherche du dragon des cieux, il ne l’avait pas repérée avant. Le jeune homme se dirigea vers la source de ce nouveau parfum, quand il entendit un énorme fracas au-dessus de lui, et le rugissement de fureur d’Erza. Oubliant l’inconnu qui se trouvait dans la cellule face à celle de Wendy, il se précipita vers la sortie, heureux de pouvoir enfin prendre part à une bagarre.
Il ne vit pas la mèche de cheveux roux qui apparaissait dans le fond du cachot. Il ne vit pas Mirai étendue sur le sol, sans connaissance, et remonta vers la surface.

Erza entendit un vacarme épouvantable provenant de la direction qu’avait prise Natsu. Elle sentit une veine gonfler sur sa tempe et espérait pour le Dragon Slayer qu’il avait une bonne raison à lui fournir pour ce raffut. Se doutant qu’ils ne passeraient plus inaperçus longtemps, elle redoubla de vigilance. La mage chevalier ne put que s’en féliciter, car à peine quelques instants plus tard, le sol s’effondra sous ses pieds. Elle eut juste le temps de bondir pour éviter de tomber. Elle vit une armée de mage se diriger vers elle, se bousculant dans le couloir. L’un d’eux fit un geste dans sa direction et elle ne perdit pas de temps à attendre de voir ce qui allait en résulter. Elle s’équipa en plein saut. Elle avait besoin d’une armure lui permettant de voler, et d’éliminer le maximum d’ennemis en une seule fois. Elle choisit donc l’armure de la nature, et éleva ses épées à temps pour se protéger d’une forte déflagration. Elle fut violemment projetée vers l’arrière, et heurta un mur. L’impact lui coupa le souffle un instant. Se reprenant, elle sentit son sang bouillir dans ses veines. Celui qui pouvait se permettre d’attaquer Titania sans en subir les conséquences n’était pas encore né ! Poussant un hurlement de rage, elle se précipita vers ses assaillants, ses épées virevoltant autour d’elle. Elle en toucha cinq, mais l’étroitesse du couloir la mettait dans une position inconfortable. Son armure était bien trop imposante et ses adversaires, lâches, se cachaient derrière ceux placés en première ligne pour l’attaquer. La reine des fées réussit à mettre hors d’état de nuire celui qui semblait responsable des explosions retentissant autour d’elle, mais n’eut pas le temps de le confirmer. Déjà, de nouveaux sorts jaillissaient, concentrés sur la cible facile qu’elle représentait dans ce petit couloir.
Elle se changea à nouveau, préférant, au vu de la situation, revêtir son hakama, plus léger que ses armures ordinaires. Il lui permit de se faufiler au milieu des mages tout en évitant leurs attaques, et grâce à ses deux sabres qu’elle faisait tournoyer à une vitesse folle, elle réduisit bientôt le nombre de ses ennemis de moitié. Ils avaient cependant eut le temps de s’organiser un peu mieux, et les mages utilisant des attaques à longue portée s’étaient éloignés, la visant, alors que ceux dont le combat rapproché était la spécialité restaient autour d’elle. Seule son adresse au maniement des armes la protégea de graves blessures, alors que les coups et les sorts pleuvaient.
Alors qu’elle se rééquipait, optant à nouveau pour l’armure aux ailes noires, et qu’elle s’élevait pour balayer ses ennemis, elle entendit Natsu l’appeler.
- Erzaaaaaaaaaaa !!! Qu’est-ce qui se passe ? On est repéré ? demanda-t-il en faisant irruption au milieu du champ de bataille, Wendy sur le dos et Happy sur les talons.
Il eut à peine fini sa phrase qu’une petite balle apparut devant son nez et s’ouvrit. Un gaz d’une puanteur extrême en sortit et le pauvre Dragon Slayer fut contraint de se replier dans l’escalier menant aux cachots, sous peine de suffoquer. Il referma la porte en toussant.
- ‘Tain ! C’est quoi ce truc ?
- Natsu ! cria Erza à travers la porte. Trouve un moyen de sortir d’ici avec Wendy et ramène là auprès de Lucy et des autres !
- Et toi ? répondit-il sur le même mode, en se bouchant le nez d’une main, tandis qu’il s’essuyait les yeux de l’autre.
- Je finis de m’occuper de tout ici et je te rejoins ! Vas-y et n’oublie pas que le sort de transport ne marchera que si tu es en dehors du manoir ! Dépêche-toi, je te couvre !
Le jeune homme acquiesça et murmura à l’oreille de Happy :
- Tu crois que tu aurais assez de magie pour ramener Wendy ?
Le chat acquiesça. Ils n’avaient pas vraiment le choix de toute façon. Il savait que son ami ne laisserait pas Erza se battre seule. Il prit la fillette. Alors Natsu ouvrit la porte d’un coup, et se précipita dans le couloir. Il fonça droit dans la foule de mage que combattait Titania, en courant et en hurlant comme un forcené, suivi de Happy qui transportait Wendy. Leurs ennemis n’eurent d’autre choix que de s’écarter sur son chemin, ne s’attendant pas à voir une torche humaine complètement cinglée se jeter sur eux. Une fois derrière l’amas de magiciens, il s’arrêta une fraction de seconde pour renifler. Sentant l’odeur de l’air, le mage abattit violemment son poing sur un mur du couloir. Il se brisa comme du verre, laissant entrer la lumière rougeoyante de l’aube.
- Vas-y Happy ! Emmène-la !
- Aye sir !
Et le chat bleu s’envola par la brèche en emportant Wendy avec lui. Une fois à une cinquantaine de mètres de l’enceinte du manoir, Natsu les vit disparaitre. Bien. Première partie du plan réussie. Maintenant, il allait casser la figure à tous ces abrutis devant lui. La Salamander vit la reine des fées lui adresser un signe de tête de l’autre côté de l’armada, qui se trouvait dans une situation pour le moins critique, prise en étau par deux des plus puissants mages de Fairy Tail. Au signal, ils s’élancèrent. Le combat fut bref et le résultat prévisible.
Alors que Natsu finissait leur dernier ennemi d’un coup de poing, Erza réfléchissait. « C’est étrange. On dirait qu’ils ne nous ont envoyé que le menu fretin. Même sans l’aide de Natsu je m’en serais finalement sortie sans trop de problème… Ils n’ont esquissé aucun geste pour l’empêcher de s’enfuir tout à l’heure… Comme s’ils voulaient le laisser s’échapper… Lui ou Wendy… On ferait bien de partir avant qu’ils ne changent de politique. »

- Natsu, on s’en va, annonça-t-elle d’un ton autoritaire.
- Quoi ? Mais il allait enfin cracher la cachette de leur maître ! s’indigna le jeune homme en montrant du doigt un mage mal en point, qu’il tenait par le col et qui semblait inconscient depuis un certain temps déjà.
- Hors de question ! Yume nous a dit de ne pas l’affronter, et je crois qu’elle a raison sur ce point. Nous n’avons pas combattu les éléments les plus forts de cette guilde, et nous ne sommes pas assez nombreux pour nous le permettre. Alors, on récupère Gray et Juvia, et on rentre.
- Pffffff, commença le mage de feu en se détournant, avant de sentir un regard glacial dans son dos. « Pfffffff !!!! » continua-t-il intérieurement, tout en sautant par le trou qu’il avait lui-même créé au sein du mur. Erza le suivit. Elle venait de poser un pied sur l’herbe lorsqu’un cri inhumain retentit. Un hurlement de rage et de douleur, teinté de désespoir.
- Gray ! s’écria-t-elle en se précipitant vers l’endroit où ils avaient laissé les deux mages, suivie de Natsu.

………………………………………………..

Après le départ de ses amis, Lucy se laissa tomber dans une chaise à côté de Yume. Sharuru décida de retourner dans sa chambre, le stress devenant trop grand pour qu’elle supporte la présence des autres.
Alors que la constellationniste retenait ses larmes, la prêtresse se redressa dans son lit. Son dernier rêve l’avait littéralement épuisée, et elle espérait que les mages de Fairy Tail réussiraient à ramener le Dragon Slayer des cieux, sinon il en serait bientôt fini d’elle. Avisant la blonde affligée, elle demanda discrètement aux trois hommes toujours présents, de les laisser seules. Chuujou protesta, argumentant qu’elle était trop faible, mais devant le regard insistant de sa fiancée, il s’exécuta.
Lucy était littéralement morte d’inquiétude. Elle avait un très mauvais pressentiment concernant cette mission. Peut-être à cause de la prémonition de Yume. Surement d’ailleurs.
Elle rassembla les objets de ses amis, et les posa sur ses genoux, comme pour les garder près d’elle.
- Tu t’inquiètes pour tes compagnons ? demanda la prêtresse en la tirant de ses sombres pensées.
La constellationniste sentait que si elle ouvrait la bouche, elle ne pourrait plus contenir le flot de larmes qui menaçait de se libérer à tout moment. Elle se contenta de hocher de la tête, les yeux baissés, son poing serré sur son fil rouge.
- Je suis désolée de t’avoir fait peur, mais je devais les prévenir. Parfois, rien que cela peut changer le cours des choses.
- Parfois…, répéta la jeune fille.
Prononcer ce seul mot eut raison du barrage qu’elle maintenait tant bien que mal, et elle commença à pleurer en silence.
Elle ne supporterait pas de les perdre. Aucun d’entre eux. Erza, devenue sa meilleure amie, si forte et courageuse, mais qui cachait de profondes blessures. Juvia et ses lubies qui masquaient juste sa peur d’être rejetée, et dont elle venait à peine de se rapprocher. Happy, qui se moquait tout le temps d’elle, mais l’avait maintes fois sauvée in extremis. Gray, sous ses airs de gros dur, était le garçon le plus gentil qu’elle connaissait. Elle n’avait pas réalisé à quel point ils étaient devenus complices jusqu’à récemment.
Et Natsu. Elle refusait même de l’envisager. Sans lui, ça n’était même plus la peine de continuer. S’il la laissait, elle ne lui survivrait pas. La jeune fille éclata en sanglots, cédant à la panique.
La voyant ainsi, Yume s’extirpa de son lit tant bien que mal et s’installa sur une chaise à côté de Lucy. Elle l’entoura de ses bras protecteurs, et la blonde se laissa aller, pleurant de plus belle.
- Je ne veux pas… qu’ils… partent…, je ne veux… pas… qu’ils me laissent ! sanglotait-elle. Sans mes amis… de… Fairy Tail…, je ne suis rien… du… tout. Ils sont… ma seule famille… S’ils devaient disparaitre…, je… Natsu… Natsu…
Elle ne put continuer, son cœur se serrant alors qu’elle prononçait le nom du jeune homme. Ses points se crispèrent sur la robe de Yume. Celle-ci se sentait terriblement coupable et responsable de la peur de la jeune fille. Si elle avait su se montrer moins alarmante ! Elle ne connaissait que trop bien la douleur de ceux qui ne pouvaient qu’attendre le retour de ceux qui combattaient. La prêtresse resserra ses bras autour de Lucy, et adressa une prière muette à tout dieu qui l’entendrait. Qu’il fasse que cette histoire se termine bien.

………………………………………………..

Après le départ de leurs amis, Gray et Juvia avaient débuté un combat acharné contre leur énigmatique ennemi. Ils avaient beau concentrer leurs attaques sur lui, il parvenait toujours à les éviter, et réapparaissait quelques mètres plus loin, comme par enchantement. Même la rapidité de création de Gray ne réussissait à rivaliser avec sa vitesse. Ils furent bientôt essoufflés, alors que leur adversaire ne montrait aucun signe de fatigue. Ils n’avaient pas pu le toucher une seule fois. Ses longs cheveux châtains n’étaient même pas ébouriffés, alors qu’ils étaient tous les deux échevelés et pantelants. Le mage de glace se rapprocha de Juvia, pour élaborer une stratégie tout en surveillant leur adversaire. Il commençait à lui courir sur les nerfs, avec son visage sans expression, se contentant d’esquiver sans dire un mot. Sa blessure au dos recommençait à le tirailler. Ils devaient en finir vite, où ils se retrouveraient vraiment dans le pétrin.
Il allait ouvrir la bouche lorsqu’un mouvement attira son regard. Plus qu’un mouvement, une disparition. Ils ne l’avaient pas attaqué et il bougeait quand même ? Cela voulait dire que…
- Attention ! cria-t-il en poussant violemment Juvia sur le côté, puis s’écartant aussi.
Son intuition ne l’avait pas trompé. L’homme qu’ils combattaient venait d’apparaitre entre eux, son sabre à la main.
«Ca y est, il bouge ! Va falloir faire gaffe sinon… Ouh ! »
Le jeune homme retint un cri de douleur. Sa blessure au dos s’était rouverte lorsqu’il s’était écarté et lui faisait un mal de chien. Il resta sonné une fraction de seconde, mais cela suffit à son ennemi, qui décida de l’achever en premier, vu qu’il avait l’air affaibli. Le mage de glace reçut un violent coup dans le dos, et se retrouva projeté contre le sol. Il eut juste le temps de se retourner. Comme au ralentit, Gray vit son adversaire apparaître devant lui, levant le bras pour abaisser son arme en direction de son cœur. Paralysé, le jeune homme ne put que regarder la lame s’approcher, toujours plus près. Il ferma ses paupières par réflexe, attendant la douleur. Mais elle ne vint jamais. Etonné, il rouvrit les yeux, et ce qu’il vit l’horrifia. Pour la première fois depuis des années, un froid glacial s’empara de son corps et de son cœur.

« Ouille ! » pensa Juvia en se massant le bas du dos, alors que Gray venait de la pousser sur le côté. Elle se redressa, cherchant leur adversaire du regard. Il leur causait bien du souci, à éviter toutes leurs attaques. Il avait même le culot d’échapper à la magie de son Gray-sama ! Elle n’allait pas le pardonner, surement pas ! Elle décida qu’il était temps de passer à la vitesse supérieur. Elle leva les yeux vers Gray, pour vérifier que tout allait bien de son côté.
Alors, son corps bougea tout seul. Elle ne réfléchit pas. En voyant le jeune homme menacé par le sabre affuté, elle s’élança. Elle devait arriver à temps. Peu lui importait ce qu’il adviendrait d’elle, elle ne le laisserait pas être blessé à nouveau. Ou pire. Juvia s’interposa entre le sabre et le corps de son bien-aimé, sans se changer en eau. Sinon, il aurait pu être touché. Elle sentit la lame s’enfoncer dans sa poitrine, et tomba à genoux. L’arme se retira, et elle étouffa une plainte. Ses paupières se fermèrent et elle s’effondra juste devant Gray, qui la regardait, figé.

« Pourquoi ? » Il ne pouvait pas y croire. Il ne voulait pas y croire. Mais qu’est-ce qui s’était passé ? Pourquoi gisait-elle devant lui, baignant dans une flaque rouge qui s’étendait de plus en plus. Il ne comprenait pas. Son corps était pourtant fait d’eau. Alors elle ne pouvait pas être blessée. Il s’agenouilla. Il la regarda. Il sentit une goute couler sur sa main. Il leva les yeux au ciel, mais il n’y avait aucun nuage. Le ciel de l’aurore était d’un bleu pur, comme il en avait rarement vu. Sauf ce jour où il l’avait rencontrée, après leur combat. Il n’avait pas tout bien compris à ce moment là. Non qu’il comprenne mieux maintenant. Il baissa à nouveau les yeux vers sa main, où une nouvelle goutte était tombée. Sa vision se troubla. Il porta son autre main à ses yeux, il ne voulait pas bouger celle qui portait ces deux petits cristaux liquides, venus il ne savait pas bien d’où. Ses doigts se retrouvèrent trempés. Il se rendit compte qu’il pleurait.
« Pourquoi ? » Il semblait uniquement capable de penser ce mot là. Il reposa les yeux sur la jeune femme allongée devant lui. Elle lui souriait tendrement. Elle avait l’air si heureuse ! Ca non plus, il ne le comprenait pas. Mais ça expliquait le bleu du ciel. Car, bien sûr il savait que lorsqu’elle était triste, le ciel pleurait avec elle, lorsqu’elle était heureuse, le soleil riait avec elle. Il avait passé tant de temps à l’observer, de loin. Il ne s’en était jamais vraiment rendu compte mais, il connaissait ses peurs, ses joies, ses peines, ses sentiments. Pour lui. Et alors que ses couleurs la quittaient, il accepta enfin ses sentiments à lui. Pour elle.
« Pourquoi ? » Pourquoi seulement maintenant ? Il était pourtant bien placé pour savoir qu’on ne se rendait compte à quel point on pouvait être attaché à quelqu’un que lorsqu’on le perdait. Il avait déjà vécu cette situation. Des années auparavant, cette personne qu’il aimait plus que tout, s’était sacrifiée pour le sauver. Mais il l’avait compris trop tard. Alors, il s’était promis de ne jamais recommencer. De ne jamais laisser personne d’autre disparaître pour que lui reste. Mais il avait échoué. Une nouvelle fois, la personne qu’il chérissait le plus au monde l’abandonnait. Par sa faute.
« Pourquoi ? » Pourquoi était-il si idiot, si aveugle, pour ne jamais comprendre ce qui importait vraiment ? Et pourquoi ces gens qu’il aimait choisissaient toujours de le quitter le sourire aux lèvres ? Ce sourire, qu’il voyait sur son visage, si pâle, lui transperça le cœur. Il crut s’évanouir. Mais il ne l’aurait pas supporté. Il ne voulait plus manquer aucun moment qui lui était donné de passer avec elle. Il lui restait si peu de temps, il aurait voulu qu’il s’arrête. Mais le temps, qui semblait s’écouler au rythme des respirations de plus en plus faibles et espacées de la jeune femme, refusa d’écouter sa prière. Sans y réfléchir, il avait déjà gelé sa blessure, pour qu’elle ne perde pas plus de sang. Il voulait tellement être capable de la sauver !
« Pourquoi ? » Pourquoi n’y parvenait-il pas ? Pourquoi respirait-elle de plus en plus lentement, pourquoi devenait-elle de plus en plus pâle ? Il le savait. On ne peut sauver personne avec de la glace. Son corps était déjà bien trop affaibli pour la supporter, elle aurait eu besoin de chaleur. Mais lui, il n’avait pas ce pouvoir, il ne pouvait rien faire pour elle. L’accepter était au dessus de ses forces. Et elle, pendant tout ce temps, elle ne s’était pas départie de son sourire.
« Pourquoi ? » Pourquoi était-il incapable de prononcer un mot ? Il y avait tant de chose qu’il voulait lui dire ! Mais sa voix restait coincée dans sa gorge. Il ne pouvait que sangloter. Et ses larmes tombaient sur elle, comme le faisait la pluie, lorsqu’elle pleurait. Finalement, cette satanée pluie l’aurait accompagnée jusqu’au bout. Non ! Il ne le voulait pas. Il voulait lui sourire aussi. Lui dire que tout irait bien, qu’il était là, que tout s’arrangerait, qu’il la protègerait, qu’ils seraient toujours ensemble. Mais c’était faux. Elle allait partir et lui non. Il ne pouvait plus stopper ses larmes.
Ce fut elle qui rompit le silence, d’une voix étouffée, presque inaudible.
- Pourquoi… pourquoi pleures-tu Gray-sama ? Juvia est heureuse, alors ne soit pas triste. Juvia non plus ne supporte pas de te voir dans cet état.
L’effort fut trop grand cependant, et la jeune femme toussa douloureusement, un mince filet de sang s’écoulant au coin de ses lèvres.
« Tu ». C’était la première fois qu’il l’entendait le dire.
Elle déplaça lentement sa main pour la poser délicatement sur la sienne. Il ne pouvait toujours pas parler, il ne pouvait toujours pas réagir, seulement pleurer, encore et encore. Il avait à nouveau sept ans et était impuissant.
Ils restèrent ainsi ce qui lui parut une éternité, mais une éternité tellement courte ! Alors qu’elle perdait connaissance, il réussit enfin à sortir de sa torpeur et se pencha vers son oreille. Il put enfin parler, lui dire ces trois mots qui refusaient de passer ses lèvres depuis trop longtemps.
- Je t’aime, Juvia.
- Juvia t’aime aussi, Gray.
Il l’embrassa. Elle ferma les yeux.
Il hurla.







(1) Comment ça, c’est pas clair comme description ? Mais si vous savez, comme quand il fait le ninja dans je sais plus quel épisode, au début, quand Lucy lui a dit d’être discret ! (Dear Kaby ou un truc du genre)

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