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Les nouvelles aventures de Fairy Tail : la princesse au bois rêvant

Usagi-chan

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Niveau : [G] Résumé : Le futur est-il vraiment déjà écrit, et notre destin tout tracé ? Nous, on n’y croit pas une seule seconde ! Nous sommes des mages de Fairy Tail, et notre avenir, il n’y a que nous qui puissions en décider ! Si tu n’aimes pas ce que tu vois, alors lève-toi et bats-toi pour que demain existe !

Disclaimer : La plupart des personnages ainsi que l'univers appartiennent à Hiro Mashima. Les personnages qui ne font pas partie de Fairy Tail sont à moi.


Chapitres : 1 . 2 . 3 . 4 . 5 . 6 . 7 . 8 . 9 . 10 . 11 . 12 . 13 . 14 . 15 . 16 . 17 . 18 . 19 . 20 . 21 . 22 . 23 . 24 . 25 . 26 . 27 . 28 .
Chapitre 20 :: CHAPITRE 18 : La dernière ligne droite. Ce départ scellera-t-il notre destin ? … Erza, ce n’est jamais qu’un gâteau !

« Tout le monde fait vraiment de son mieux, je ne dois pas abandonner ! » La fillette redoubla d’effort et de concentration, ses mains reprenant l’éclat qu’elles perdaient peu à peu.

Wendy était épuisée. Elle ouvrit néanmoins les yeux, pas très sure de l’endroit où elle se trouvait ni de la manière dont elle y était arrivée. En regardant autour d’elle, la fillette remarqua qu’elle se trouvait à nouveau dans une chambre. Elle fronça les sourcils.
La dernière chose dont elle se souvenait était le visage crispé de Yume alors qu’elle s’évertuait à éradiquer le poison de son corps. Avait-elle réussi ? Ses souvenirs se faisaient de plus en plus clairs, et il lui semblait bien avoir tenu jusqu'au bout du processus, mais elle préférait vérifier. Elle se redressa.
C’est alors qu’elle perçut une voix, qui semblait parler depuis un certain temps, à en juger par le ton irrité qu’elle employait.
- Wendy, me ferais-tu le plaisir de m’écouter et de te recoucher ?
Sharuru, bien sûr. Le jeune Dragon Slayer se tourna vers son amie et sourit.
- Oui, je crois que je vais faire ça, répondit-elle.
La fillette se laissa retomber sur son oreiller. Elle était bien trop faible pour se lever, comme le lui avait fait remarquer sa tête en se mettant à tourner dès qu’elle s’était assise. Elle se rendormit immédiatement.
Tout en surveillant la respiration régulière de Wendy, Sharuru réajusta les couvertures sur son petit corps.
- Franchement… soupira-t-elle.

Quand elle ouvrit à nouveau les yeux, Wendy se sentait en pleine forme. Si on passait sous silence un “léger“ mal de crâne et le bourdonnement de ses oreilles. Ainsi, que deux ou trois vertiges mineurs. Oui, si on omettait de citer ces détails (ce qu’elle fit), elle décida qu’elle était tout à fait capable d’aller faire le tour de ses patients. Sharuru n’essaya même pas de l’en dissuader.
La fillette sortit de sa chambre, et alla frapper à la porte de Yume. Une voix claire et ferme lui répondit. En entrant, elle fut surprise de découvrir la prêtresse debout au centre de la pièce, devant un grand miroir. Le reflet de la jeune femme lui adressa un sourire, puis elle se retourna pour faire face à la fillette.
- Comment te sens-tu ? lui demanda-t-elle.
- Très bien, merci, mentit Wendy. Et vous ? Vous avez l’air d’avoir très bien récupéré !
- Et bien, je ne suis pas encore au meilleur de ma forme, mais j’ai retrouvé la plus grande partie de mes forces, et je peux désormais me passer d’assistance. Tu ne peux pas savoir le bien que ça me fait d’être enfin capable de marcher seule, sans avoir l’impression que je vais défaillir à chaque instant. Tout ceci est possible grâce à toi. Je ne pourrais jamais assez te remercier. J’aimerais vraiment faire quelque chose pour toi. Après tout, c’est entièrement ma faute si tu t’es retrouvée mêlée à tout ceci.
- Oh non, mais non ! s’exclama Wendy. Ce n’est pas la peine ! Je suis heureuse d’avoir pu vous aider et de m’être rendue utile ! Ce n’est vraiment pas la peine de me remercier !
- J’insiste. Merci de tout cœur ! répondit Yume en s’agenouillant auprès de la fillette et en lui prenant les mains.
Gênée, le Dragon Slayer dansa d’un pied sur l’autre un instant, puis sourit.
- Et bien, de rien ! répondit-elle.
La prêtresse se releva, et tournoyant sur elle-même, elle fit un clin d’œil à Wendy, puis lui demanda :
- Alors ? Comment tu me trouves ?
Elle regarda la jeune femme, interloquée, puis son sourire s’élargit quand elle répondit :
- Vous êtes resplendissante !
En effet, la prêtresse avait repris des couleurs, ses cheveux semblaient plus brillants, et son attitude altière lui conféraient un charisme ainsi qu’un charme fou. De légers cernes marquaient encore son visage, derniers vestiges des semaines difficiles qu’elle avait passé. Comment avait-elle pu recouvrer ses forces en si peu de temps ? Un doute s’insinua dans la tête de la fillette.
- Combien de temps ai-je dormi ? demanda-t-elle, une mine inquiète assombrissant son visage.
- Juste quelques heures. Nous n’avons pas encore établi de stratégie, tout le monde en a profité pour se reposer. Ne t’en fais pas, tu n’as rien manqué.
- Seulement quelques heures ? Vous avez des capacités de régénérations hors du commun !
- En partie, oui… Mais je ne refuserais pas quelques heures de sommeil supplémentaires ! ajouta la prêtresse en riant.
Wendy sourit, ayant la nette impression qu’une partie de la réponse manquait. Mais une autre question passa ses lèvres alors qu’elle regardait autour d’elle. L’endroit était étrangement vide.
- Où sont les autres ? demanda-t-elle, étonnée que Yume se retrouvât seule. Chuujou-san n’est pas là ?
La jeune femme éclata d’un rire cristallin.
- Je l’ai mis dehors ! s’exclama-t-elle. Il avait vraiment besoin d’un peu de paix, le pauvre ! Je l’ai vraiment usé ces derniers temps, continua-t-elle d’un air coupable. Il avait plus mauvaise mine que moi, c’est dire ! reprit-elle en riant.
Rire. Cela lui faisait tellement de bien ! Yume avait l’impression qu’une éternité s’était écoulée depuis la dernière fois que ses lèvres s’étaient étirées en un vrai sourire, alors un rire ! Pourtant, dans un coin de son esprit, elle redoutait la suite des événements, et savait que le plus difficile restait encore à venir. Elle avait à nouveau rêvé. Mais elle avait bien le droit de relâcher un peu la pression, non ? Si.
- Et puis, j’avais besoin d’un peu d’intimité. Je ne me suis pas retrouvée seule depuis des semaines !
- Oh, je ne voulais pas vous déranger ! s’excusa Wendy. Je venais juste vérifier que je n’avais pas laissé de poison dans votre organisme.
- Tu ne m’ennuies pas, au contraire ! C’est juste que mon atmosphère était perpétuellement saturée de testostérone ces derniers temps, soupira la prêtresse. Ta présence est plutôt reposante, en réalité.
La fillette ne comprit pas bien ce dernier commentaire, mais passa outre. Yume s’assit sur son lit, et elle s’approcha. Malgré le peu d’air disponible, elle n’eut aucun mal à vérifier et établir la guérison complète de la prêtresse. Elle fut très soulagée, et en même temps un peu fière. C’était la première fois qu’elle soignait ce genre d’affection, et s’était très bien débrouillée malgré son peu de connaissances en la matière.
Stimulée par sa réussite, Wendy prit congé et se dirigea vers la grande pièce au fond du couloir, pensant y trouver ses amis. Si elle se souvenait bien, ils avaient eux aussi un certain nombre de blessures. Au vu du combat qui s’annonçait, il n’était pas prudent pour eux de se lancer s’ils n’étaient pas en pleine possession de leurs moyens. Elle en profiterait pour vérifier l’état de Juvia également.
Le jeune Dragon Slayer poussa la lourde porte et se dirigea vers ses camarades.

………………………………………………….

Elle s’appelait Fumei. Juste Fumei, de Dark Holders. Pas de nom de famille, pas d’autre identité. Elle n’en avait pas besoin, elle n’avait plus aucun proche depuis longtemps, et aucune attache à la vie qu’elle avait menée avant d’atterrir dans cette guilde. Elle avait effacé chaque souvenir rattaché à cette existence pitoyable de chienne des rues. Excepté un seul. Un visage. Celui de son bourreau, qui l’avait presque battue à mort parce qu’elle lui avait refusé ses faveurs, cinq ans plus tôt. Mais l’homme était influent, et on ne l’avait pas crue lorsqu’elle avait voulu porter plainte. Qui aurait écouté les accusations d’une pauvresse, s’attaquant à l’aristocratie de Fiore ? Un seul homme. Kyouaku l’avait acceptée au sein de sa guilde, et elle avait pu y accomplir sa vengeance. Mais ça n’étais pas assez. Ils devaient payer. Tous. Tous ces égocentriques qui profitaient de ce système, qui se pensaient au dessus des lois, intouchables, grâce à leur argent. Tous ces gens qui avaient refusé de l’écouter, qui l’avaient méprisée parce qu’elle n’avait pas la possibilité de prendre sept douches par semaine et trois repas par jour. Ils avaient été sourds à sa souffrance, alors elle provoquerait la leur. Kyouaku voulait changer le monde. Il voulait le balayer pour le remplacer par un nouveau, dominé grâce aux monstres de l’ancien temps. Et elle ferait partie de ses dirigeants, de sa classe supérieure, de sa noblesse. Il l’avait promis à tous ses mages. Toute sa vie, on l’avait traitée comme une moins que rien. Alors, elle ne pouvait plus attendre de voir ce rêve enfin réalisé. Elle ne pouvait plus attendre d’être enfin respectée. Elle ne pouvait plus attendre, car enfin elle ferait partie des grands.
Du moins, c’était ce qu’elle croyait.
Alors, pourquoi se retrouvait-elle dans cette pièce, dans un coin reculé du gigantesque manoir ? Pourquoi ne pouvait-elle plus bouger ? Pourquoi avait-elle les yeux bandés ? Pourquoi entendait-elle ces cris effroyables qui meurtrissaient ses oreilles, avant que les voix ne se taisent définitivement, faisant place à un silence plus pénible encore ? Et pourquoi cette odeur pâteuse de sel et de rouille venait-elle agresser ses narines ?
Tout à coup, le bandeau qui lui bloquait la vue fut enlevé. La pièce était plongée dans la pénombre, et Fumei ne pouvait que distinguer une grande table, sur laquelle semblaient reposer deux personnes. Ainsi qu’une demi-douzaine de corps inertes, entassés les uns sur les autres, dans un coin de la salle. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Et elle ne voulait pas comprendre.
Un hurlement de douleur déchira l’atmosphère pesante, et une lumière violente éclaira la scène. Dos à elle, en face de la table, se tenaient un homme aux cheveux blancs. Elle le reconnut immédiatement. C’était Gensou, un général de Kyouaku. Un halo argenté l’entourait alors qu’il psalmodiait. L’éclat qui lui permettait de voir tout ceci semblait sortir d’un des corps posé sur la table, pour pénétrer le second. Les ombres qu’il projetait sur le sol, les murs, le plafond semblaient se diriger droit sur elle, comme pour l’attirer vers un enfer de terreur.
Avant qu’elle ne puisse tenter de comprendre, le regard de Fumei fut attiré par un mouvement, à la périphérie de son champ de vision. Ses yeux s’agrandirent sous l’épouvante, et elle fut tout à coup prise de nausées.
Un des corps bougeait dans le fond de la salle. Elle ne voulait pas voir ce qu’il faisait, mais ne parvenait pas à détourner les yeux, ni même à les fermer. Et, malheureusement pour elle, elle avait une très bonne vue.
Une jeune femme était allongée sur le corps blafard d’un autre mage. Celui-ci gémissait faiblement alors que sa partenaire avait le visage plongé au creux de son cou, dans ce qui semblait une sauvage étreinte. Mais elle ne l’embrassait pas. Un liquide rouge et épais coulait lentement le long de la nuque de sa victime, alors qu’elle aspirait goulument, émettant d’écœurants bruits de succion et d’abjects geignements de plaisir.
Elle le vidait de son sang.
La lueur mourut et Fumei fut à nouveau plongée dans le noir. Avant que ses yeux ne puissent de nouveau s’habituer à l’obscurité, quelqu’un l’agrippa et la força à se lever.
- J’espère que tu as profité du spectacle, susurra une voix masculine au creux de son oreille. Parce que maintenant, tu vas en faire partie.
C’était son tour.
Comprenant ce qui l’attendait, son cœur se mit à battre à tout rompre et une peur indicible l’étreignit. Engourdie, elle se débattit de toutes ses forces, mais cela ne fit qu’amuser le tortionnaire. Il la souleva sans peine, et la posa sans ménagement sur une surface dure, l’assommant presque. Elle résista, hurla, tenta d’attaquer, en vain. Elle fut attachée, et ses larmes commencèrent à couler.
- S’il-vous-plait, implora-t-elle, des sanglots coupant ses paroles. Par pitié, laissez-moi partir.
- Tu rêves ma beauté. Mais ne t’inquiètes pas, ta souffrance et ta mort serviront notre grand projet. Dommage pour toi, tu n’y assisteras pas…
De nouveau, il murmura des paroles magiques, et une lumière aveuglante commença à s’échapper du corps de Fumei.
La douleur était insupportable. Elle hurla à s’en déchirer les poumons pendant de longues minutes. Elle avait l’impression que son corps était broyé et qu’on lui arrachait les entrailles. Mais c’était bien pire que ça. On lui enlevait sa force magique. Son seul moyen d’être, de se sentir supérieure au commun des mortels qu’elle méprisait tant, lui était retiré. Sa voix se brisa dans un dernier cri. Elle était à peine consciente lorsqu’elle fut détachée de la table, et jetée à terre sans ménagement. Elle ressentit un picotement dans sa nuque, et un liquide chaud tremper son cou. Un corps se pressait avidement contre le sien, et elle entendit un gloussement satisfait alors que sa vie lui échappait petit à petit.
Elle n’aurait finalement pas pu avoir une vengeance complète. Une fois encore, on s’était joué d’elle. Une fois encore, sa souffrance amusait. Elle n’était qu’une victime anonyme de plus. Riant faiblement de sa propre stupidité, Fumei rendit son dernier souffle dans un râle d’agonie.

- Namako, t’as bientôt fini ?
Gensou venait d’allumer la lumière, révélant l’hécatombe qu’ils avaient provoquée. Ils n’avaient pas du tout besoin d’être dans le noir pour jeter le sort qu’ils venaient d’utiliser, mais il avait pensé que cela rajouterait à l’intensité dramatique. Il ne s’était pas trompé et avait grandement apprécié cette petite distraction pré-combat final.
La jeune femme détacha ses lèvres du cou de la jeune mage auquel elle s’abreuvait.
- Oui. De toute façon, son cœur ne bat plus, ca devient trop difficile d’aspirer le sang, répondit la jeune femme en se relevant nonchalamment.
Elle laissa tomber le cadavre sur le sol, qui s’effondra comme une poupée désarticulée.
- Pffff, toujours aussi paresseuse, constata Gensou. Alors, ça a marché ? continua-t-il en se tournant vers L’homme inconscient, toujours couché sur la table.
- J’en sais rien. Il a pas l’air mort, ça a dû fonctionner.
- Y’a intérêt ! On va se faire étriper par Kyouaku si Ura est pas d’attaque quand la prêtresse et ses toutous vont débarquer.
Il marqua un temps, puis esquissa un geste vers les corps empilés derrière son interlocutrice.
- Bon, on fait quoi des déchets ? demanda-t-il.
- Débrouille-toi avec ! Je n’y touche pas, je n’ai pas envie de me salir !
- Tu te fous de moi ? T’as tellement de sang dans les cheveux, que si tu l’ouvrais pas on saurait pas que t’es blonde ! En plus, c’est toi la responsable de cette boucherie, compte pas sur moi pour nettoyer tes saloperies ! Tu pourrais pas les envoyer ailleurs ?
- T’es con ou quoi ? Tu sais bien que je peux le faire uniquement s’il utilise sa magie ! rétorqua Namako en pointant son doigt vers Uramichi, toujours inconscient. Et puis, j’avais besoin de ce sang, on a fait d’une pierre deux coups.
Alors qu’elle se tournait vers le tableau cauchemardesque des corps entremêlés et vermillons, un rayon de lumière toucha le creux de son cou et se refléta sur la pierre qui y était incrustée, renvoyant un éclat écarlate.
- T’es franchement inutile comme fille, soupira Gensou.
- Ah oui ? Je n’avais pas compris ça comme ça, hier soir…
- C’est vrai, tu as certains mérites… Bref, on a qu’à les laisser là jusqu’à ce qu’Ura soit en état de les transporter quelque part.
- Ok. Après tout, c’est pour lui qu’on a fait tout ça !
Gensou chargea Uramichi sur son dos, pendant que Namako continuait de jacasser. Ils refermèrent la porte derrière eux, sans un regard pour les infortunés mages qu’ils avaient froidement tués.

……………………………………………….

Lucy soupira de contentement en remerciant chaudement la fillette qui venait de soigner sa cuisse.
- Grâce à toi, je vais enfin retrouver la totale liberté de mes mouvements ! Merci Wendy, tu es géniale !
- Non non, ce n’est rien ! répondit timidement la concernée en rougissant.
Le Dragon Slayer des Cieux avait insisté pour s’occuper de chaque petit bobo de toutes les personnes présentes. Elle se sentait tellement coupable qu’ils aient dû prendre tant de risque pour elle ! Elle avait fait la sourde oreille aux protestations de Natsu et Erza, qui lui avaient pourtant assuré n’avoir que des égratignures. Ils n’avaient pas tort, mais le Salamander avait tout de même pris un mauvais coup de la part de Gray, quand celui-ci avait perdu la raison. Les bleus et les contusions n’étaient désormais plus qu’un mauvais souvenir.
La fillette regarda autour d’elle désirant jeter un œil aux blessures de Gray et Juvia, mais ils n’étaient pas présents. Lorsqu’elle demanda à Lucy où se trouvaient ces derniers, la blonde gloussa.
- Gray est ENCORE allé voir si Juvia n’avait besoin de rien !
“Il est vraiment accro, c’est dingue ! Et mignon… Mais un peu flippant aussi…“ pensa la constellationniste. Elle reprit :
- Ils doivent être dans la… chambre…
- Oh, merci, je vais aller voir.
- A-attends ! la retint Lucy.
Wendy se retourna, une lueur d’inquiétude dans le regard.
- Tu as encore mal ? Tu veux que je te soigne à nouveau ? demanda-t-elle.
- Non, ce n’est pas ça… C’est juste que… Peut-être, qu’il vaudrait mieux…
Le cerveau de la jeune fille tournait à toute allure. Depuis combien de temps son ami avait-il quitté la pièce ? Au moins un quart d’heure, non ? Etait-il réellement raisonnable d’envoyer une fillette de douze ans vérifier ce que pouvaient bien traficoter deux adolescents amoureux et débordant d’hormones ? Dans une pièce munie d’un lit ?
Pendant que Lucy tentait de repousser les images perturbantes qui affluaient à son esprit, Wendy levait vers elle un regard où se mêlaient incompréhension et inquiétude.
- Je ne comprends pas. Ils ne sont plus blessés ? demanda-t-elle à la blonde.
- Si, mais… Tu vois, je crois qu’il vaudrait mieux éviter de… les déranger pour l’instant…
- Pourquoi ? demanda naïvement la fillette.
- Bah oui, pourquoi ? demanda tout aussi candidement Natsu, qui avait suivi la scène (tout comme Chuujou, Shin et Tairyoku qui se retenaient pour ne pas rire devant la situation délicate dans laquelle la constellationniste s’était fourrée. Erza, quant à elle, se retenait d’aller dévisser la tête du mage de glace, qu’elle trouvait vraiment très dissipé ces derniers temps !)
- Oh, Natsu ! Je ne vais pas te faire un dessin ! Que Wendy ne comprenne pas, c’est normal, elle a douze ans ! Mais toi, tu as… Tu as quel âge d’ailleurs ?
Devant l’incompréhension de son ami, (qui n’avait pas l’air décidé à lui répondre), elle ronchonna, entendant la voix de Mirajane dans son for intérieur : “Alala, ma pauvre Lucy, tu n’es pas sauvée ! Natsu est un gentil garçon, mais il ne connait vraiment rien aux filles, ni à l’amour ! Ca sera à toi de TOUT lui apprendre !“
Rougissant aux paroles imaginaires de la jolie barmaid, elle la maudit et la relégua dans un petit coin de sa tête.
A cet instant, la porte grinça, révélant un Gray en caleçon. Les yeux de Lucy lui sortirent des orbites. Il avait vraiment un sens du timing désolant ! Le regard de Natsu s’éclaira à l’entrée du mage de glace en sous-vêtements.
- Aaaaaaaaaah !!! J’ai compris !!! Tu voulais dire que ce pervers faisait xxxxx et xxxxxxx et puis xxx et aussi xxxx avec…
- Tais-toi tais-toi tais-toi !!! s’écria Lucy, choquée que le Dragon Slayer connaisse et utilise ce genre de vocabulaire.
“Je n’aurais peut-être pas tant de choses que ça à lui expliquer“ pensa-t-elle avant de réaliser ce qui venait de lui traverser l’esprit. Honteuse, la jeune fille se contenta de plaquer ses mains sur la bouche de Natsu, pour éviter qu’il ne profère de nouvelles insanités.
- Mais de quoi tu parles, espèce de demeuré ? s’indigna Gray, écarlate. Ca va pas bien dans ta tête ?
- Toi, tais-toi et va t’habiller ! rétorqua la constellationniste, dont le teint rivalisait avec celui de son ami.
- Oh, merde ! s’exclama Gray, découvrant visiblement que son pantalon et son t-shirt étaient aux abonnés absents.
- Gray-sama a oublié ceci dans la chambre, dit Juvia en apparaissant sur le seuil de la pièce.
Elle tendait au mage un tas de chiffons, qui s’avéra être les vêtements de ce dernier, au grand désespoir de Lucy. Ca devenait du grand n’importe quoi ! La jeune fille se prit le visage dans les mains, libérant au passage Natsu qui s’exclama.
- Bah quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?
Lucy leva un sourcil et répondit :
- Tu n’as aucune idée de la signification des mots que tu viens de prononcer, n’est-ce pas ?
- Ben si ! Ce sont des techniques de combat rapprochés ! Juvia et lui s’entrainaient vu qu’on va bientôt se battre !
La blonde n’en croyait pas ses oreilles.
- Je sais que je ne devrais pas demander, mais je vais le faire quand même. Où as-tu appris ces expressions ?
Lucy s’attendait au pire. Elle ne fut pas déçue.
- J’ai entendu Kana en parler à Mirajane. Elle disait qu’elle venait d’essayer ces positions, et que c’était bien mieux comme ça, qu’elle avait bien plus de sensations. Je ne savais pas que Kana s’entrainait au corps à corps, ça m’a un peu surpris d’ailleurs. Bah quoi ?
Exceptées Wendy, qui n’avait strictement rien compris à la conversation, Juvia, qui n’avait pas entendu le début, et Lucy qui ne savait plus si elle devait être attendrie ou courir se pendre dans les plus brefs délais, tous étaient pliés de rire. Même Erza, remise du choc que les paroles de Natsu avaient provoqué, avait renoncé à l’idée de l’étriper et devait fournir de douloureux efforts pour conserver un visage impassible.
- Laisse-tomber… soupira Lucy.

Ils finirent par se calmer et retourner à leurs occupations. Natsu décida d’aller trouver Happy (qui faisait une sieste dans sa chambre) en boudant parce qu’il ne comprenait pas pourquoi on se moquait de lui. Wendy finit par pouvoir soigner Gray et vérifier que tout allait bien du côté de Juvia. Pendant qu’elle s’occupait du dos du jeune homme, celui-ci parlait avec Lucy :
- Franchement, pour qui tu me prends ! Quand comprendrez-vous que, malgré mon habitude de me déshabiller, je ne suis PAS un pervers ! C’est toi l’obsédée, pour avoir des pensées pareilles !
- Oh, ça va, hein ! C’est pas de ma faute si vous avez un comportement suspect tout les deux. D’ailleurs, regarde-moi dans les yeux et jure-moi que vous n’avez jamais rien fait que les bonnes mœurs puissent réprouver !
Elle avait dit ça pour le taquiner, s’attendant à le voir lever les yeux au ciel en la traitant d’andouille, mais à son grand étonnement, il se contenta de baisser le regard et grommela un “pas tes oignons“ à peine audible. Mais, une fois de plus, Lucy ne put pas approfondir ses investigations, car Tairyoku leur demanda leur attention. La jeune fille n’avait pas remarqué que tous étaient à nouveau rassemblés dans la pièce. Elle fut surprise de voir Yume se tenir debout, seule. Son visage avait repris des couleurs, et excepté quelques cernes qui trahissaient les épreuves qu’elle avait traversées, la prêtresse avait l’air en pleine forme. Wendy était vraiment douée ! Et ses pouvoirs magiques s’étaient extrêmement développés depuis qu’elle avait rejoint Fairy Tail. La constellationniste eut un petit pincement au cœur en réalisant que la fillette avait fait plus de progrès qu’elle, en moins de temps. Elle se consola en se disant qu’elle avait l’avantage d’avoir été élevée par un dragon.
Lucy se tourna vers le maître de Dreaming Light et prêta une oreille attentive à son discours. Les amours de Gray et Juvia pouvaient attendre.
- Il y a une chose que j’aimerais que vous fassiez, avant que l’on ne parte. Je ne vous en ai pas parlé avant, et je comprendrais que vous m’en vouliez au vu de ce qui s’est passé dernièrement, mais je n’avais pas le choix.
Tairyoku fit une pause, semblant à bout de souffle. “C’est vrai qu’il maintient toujours les protections de la forêt. Il est temps que cette histoire se termine“ pensa Lucy. Tous ces efforts et les émotions de ces derniers jours avaient épuisés le pauvre homme. Même maintenant que sa fille était guérie, il n’avait guère de repos car il la savait en grand danger. La constellationniste se sentait vraiment désolée pour eux et se promit de faire de son mieux. Elle se concentra donc lorsque Tairyoku reprit la parole, notant qu’une mince pellicule de transpiration couvrait son visage.
- Il me reste ici une dernière potion à vous donner. Elle restaurera votre magie. Ainsi vous pourrez vous battre au maximum de vos possibilités, dit-il en posant une fiole opaque sur la table.
- Pourquoi vous ne nous en avez pas donné avant qu’on aille chercher Wendy ? s’exclama Gray. Ca aurait peut-être évité à Juvia d’être blessée !
- Je le sais. Seulement, j’en ai utilisé une partie pour maintenir Yume en vie, et il m’en reste juste assez pour tout le monde. Je ne pouvais pas prendre le risque d’en manquer maintenant. Je suis désolé.
- Mais… reprit le mage de glace.
- Juvia va bien maintenant, le coupa doucement la jeune femme. Juvia pense qu’il vaudrait mieux se concentrer sur la prochaine bataille.
A contrecœur, le brun se tut et attendit la suite. A son étonnement, ce fut Erza qui poursuivit.
- Très bien, dit-elle, impassible. Quand et comment partons-nous ? Et cette potion, fait-elle effet immédiatement ?
- Non, répondit Tairyoku. Il faut attendre six heures pour qu’elle agisse réellement.
- Bien. Cela nous laissera du temps pour nous préparer et nous reposer. Nous la prendrons donc maintenant, puis déciderons comment procéder. Plus vite nous attaquerons, moins ils auront de temps pour s’organiser.
Tous acquiescèrent. Comme d’habitude, Erza avait raison.
Tairyoku déboucha la bouteille et avala une gorgée du liquide verdâtre qu’elle contenait. Chacun fit de même. Erza fut la suivante. Elle avala un peu de potion et passa la bouteille à Gray sans broncher. Celui-ci fit de même et… faillit s’étouffer.
- Beurk ! C’est dégueu ce truc !
Il frissonna et passa la bouteille à Juvia qui la porta à ses lèvres avec appréhension, tout en rougissant. Lucy la regarda sans comprendre, jusqu’à ce que la lumière se fasse dans son esprit… “Tout ça pour un baiser indirect ?!“. La jeune femme fit la grimace et donna la fiole à Natsu, qui avala une grosse gorgée du breuvage sans réagir, tout en jetant à Gray un regard triomphant, qui disait clairement : « T’as vu ? Je suis pas une femmelette moi ! ». Il passa la potion à Lucy tout en continuant à adresser un sourire moqueur à son rival.
- C’est quoi ton problème, Natsu ? Grogna celui-ci avec mauvaise humeur.
Le Salamander ouvrit la bouche pour répondre, quand son visage prit la même teinte que la mixture qu’il venait de boire.
- Beuh… Ca tourne…
- Natsu, ça va ? s’inquiéta Lucy en lui évitant de justesse une collision douloureuse avec le sol.
- Ah oui, c’est un effet secondaire possible. Les gens sensibles au mal des transports le sont aussi à cette potion, précisa Tairyoku, car elle peut perturber un peu l’oreille interne en forçant la régénération de vos forces…
- Sympa de le préciser… murmura un Natsu agonisant, la tête sur les genoux de Lucy.
Celle-ci regarda la substance douteuse qu’elle était sensée avaler. En plus d’avoir une ravissante couleur vert caca d’oie, elle semblait pâteuse et gluante. La constellationniste décida de ne plus regarder lorsqu’elle crut voir de petites bulles éclater à sa surface. Elle ferma les yeux et but très vite une petite quantité de liquide. Il avait un goût à mi-chemin entre la pâte de soja fermentée et du poisson pas frais. Avec une petite note amère qui n’était pas sans rappeler les choux de Bruxelles, qu’elle détestait. Retenant un haut le cœur, elle passa la fiole à Happy, qui la lui arracha presque des mains.
- Donne, je veux goûter ! s’exclama-t-il, intrigué par les différentes réactions de ses amis. Bah, c’est bon en fait ! dit-il après avoir pris sa part.
Tous le regardèrent, effarés.
- Happy, tu n’as plus de palais ou quoi ? lui demanda Lucy, les yeux écarquillés de surprise.
- Ca a un goût de poisson !
Renonçant à argumenter les goûts plutôt douteux du petit chat, la blonde attendit patiemment que tout le monde ait fini, sentant un léger tournis. Pas étonnant que Natsu soit malade ! Le jeune homme était toujours à moitié inconscient et geignait douloureusement, ce qui faisait beaucoup rire Gray (lequel avait tout de même trouvé plus sage de s’assoir). A son étonnement, Yume n’en prit pas. La prêtresse leur expliqua que son père lui avait déjà donné sa part, juste après le traitement de Wendy. La fillette comprit alors la guérison express de la jeune femme.

- Bien, reprit Tairyoku lorsque tout le monde eut terminé. Pour ce qui est de la question du voyage, je ne peux malheureusement pas envoyer tout le monde là-bas comme la dernière fois, nous sommes trop nombreux pour une telle distance.
- Comment on va faire alors ? demanda Natsu qui commençait tout juste à se sentir mieux.
- Je crains qu’il ne nous faille prendre le train jusqu’à Shirotsume, continua Yume à la place de son père, pour réduire la distance.
- Oui, après je pourrais nous transporter là-bas.
Natsu reperdit connaissance, et Gray éclata de rire.
- C’est vraiment pas facile tous les jours, d’être toi ! dit-il hilare au Salamander inconscient.
Puis, il se calma très vite en voyant les regards de Lucy et d’Erza.

Le trajet en train durant aux alentours de quatre heures et demie, et la route jusqu’à la gare une bonne heure, il ne leur restait guère beaucoup de temps pour se reposer, contrairement à ce qu’Erza avait escompté. Ils décidèrent de partir immédiatement, afin d’arriver le plus tôt possible à Dark Holders.
Le chemin jusqu’à la gare débuta dans un calme relatif, tous pensant à ce qui les attendait. Natsu redoutait le train, se sentant toujours un peu barbouillé à cause de la potion. Il avait demandé à Wendy de le soigner, mais comme il n’était pas malade, seulement en train de régénérer ses forces à toute vitesse, ça n’avait pas fonctionné. Compatissante, Yume lui avait assuré que les effets disparaîtraient avant qu’ils n’arrivent à destination. Seulement, le train plus la potion lui promettaient un voyage des plus désagréables. Pour tromper l’angoisse, il discuta avec Happy de tout et de rien (et de poisson).
Lucy marchait avec méfiance dans la forêt, ne pouvant s’empêcher de se souvenir des zombis. Inconsciemment, elle se rapprocha de Natsu, et se sentit un peu plus en sécurité. S’en rendant compte, elle se gifla mentalement. Comment espérait-elle affronter des mages surpuissants si elle avait peur d’une bête forêt, alors qu’elle était elle-même entourée de mages surpuissants ! Elle décida donc de s’éloigner de Natsu et d’aller discuter avec Wendy, quand soudain, un craquement sonore derrière elle la fit sursauter. Sans se retourner, la jeune fille s’agrippa au bras du Salamander en laissant échapper un très discret “KYAAAAAAAAAAAA“, lui valant des regards interrogateurs de tout le groupe.
- Il-il y a quel-quelque chose là, d-dans ce buisson !!! bégaya-t-elle, toujours accrochée au Dragon Slayer.
Ils se tournèrent tous dans la direction qu’elle pointait, en position d’attaque. L’ennemi avait-il décidé de venir les chercher ? Yume paniqua. Ce n’était en aucun cas ce qu’elle avait vu ! Erza se plaça en avant, redoutant le pire. La potion n’avait pas fini de faire effet, et elle était probablement la mage de Fairy Tail la plus en état de combattre à cet instant. Tous scrutaient avec appréhension les fourrés, cherchant le moindre signe révélant une présence ennemie. Dans un geste protecteur, Natsu avait passé son bras autour de la taille de Lucy. Ce que celle-ci appréciait à sa juste valeur, considérant les rougeurs qui coloraient ses joues. Ils avaient beau être dans une situation périlleuse, le fait que le jeune homme ne porte rien sous sa veste ne l’aidait pas vraiment à se concentrer. La jolie blonde se secoua néanmoins et reporta son attention sur le danger potentiel.
Un deuxième craquement se fit entendre, plus léger, comme si leur adversaire voulait rester discret. Le cerveau d’Erza tournait à toute allure. Ils étaient repérés, alors pourquoi rester caché ? A moins que…
- Natsu, Wendy, vous sentez quelque chose d’anormal ?
- Nan, répondit le mage de feu.
- Non, je ne sens rien, renchérit la fillette.
“Ca ne veut rien dire, l’ennemi peut masquer son odeur, comme à la guilde… Je suis habituellement contre la destruction mais là, on n’a pas le choix. Si on se laisse encercler, c’est terminé !“. La rouquine s’équipa de l’armure de la nature et ses épées tourbillonnantes réduisirent la faune à des brindilles sur dix mètres de diamètre. Devant leurs yeux ébahis se tenait… rien. Il n’y avait rien du tout. Un mouvement attira leur regard, et ils virent un pauvre lapin affolé s’enfuir en bondissant et se perdre à nouveau dans la forêt. Tous les visages se dirigèrent vers Lucy, toujours scotchée à Natsu. La jeune fille eut tout à coup très chaud.
- Haha ! Je crois qu’on s’est trompé, il n’y avait rien finalement ! Bon on y va ? s’exclama-t-elle en reprenant la route, atrocement gênée d’avoir paniqué à cause d’un minuscule lapin.
- Lucy est une froussarde ! Lucy est une froussarde ! scanda Happy.
La jeune fille essaya de l’attraper pour le faire taire, mais l’expérience avait appris au chat qu’il valait mieux voler en restant hors d’atteinte, s’il ne voulait pas se faire douloureusement étirer les joues lorsqu’il se moquait d’elle.
- Tais-toi, sale matou ! grogna la blonde.
Mais il ne l’écouta pas, et opta pour une nouvelle rengaine.
- A moins que tu ne voulais que Natsu te prenne dans ses bras ? Oooooooooh, tu l’aiiiiiiiiiiiiiiimes !!! Lucy est amoureuse ! Lucy est amoureuse ! Lucy est…
- Si tu ne te tais pas tout de suite, j’appelle Sagittarius et je lui dis de te cribler de flèches ! le menaça la constellationniste en désespoir de cause.
A son plus grand soulagement, ses paroles firent mouche et l’Exceed changea de cible. Il voleta vers Sharuru avec dans l’idée de lui promettre de lui pêcher le plus gros poisson existant quand ils rentreraient à Fairy Tail. La jeune fille leva les yeux et rencontra ceux de Natsu.
- Tu viens ? lui dit-il comme si de rien n’était. Les autres sont repartis.
La jeune fille s’exécuta et chemina aux côtés de son ami, frissonnant chaque fois que leurs mains se frôlaient. Elle faillit s’étouffer de surprise lorsque les doigts du Salamander se refermèrent légèrement sur les siens. Mais ce fut de courte durée, car à peine quelques secondes plus tard, Wendy vint les voir pour demander à Natsu s’il se sentait mieux. Elle s’en voulait visiblement de n’avoir rien pu faire pour soulager ses nausées. Le jeune homme lui répondit qu’il se sentait très bien, et les deux Dragon Slayer commencèrent à bavarder, ruinant toute possibilité de romantisme pour le reste du trajet.

Ils arrivèrent à la gare, où ils eurent de la chance, car un départ pour Shirotsume était prévu quelques minutes plus tard. Ils coururent vers le train et s’y engouffrèrent, sauf Natsu qui resta sur le quai, hésitant.
- Qu’est-ce que tu fiches ? s’énerva Gray. Le train va partir ! Allez monte !
- Nan, je crois que j’irais plus vite à pied… On se rejoint là-bas ! A plus ! dit-il en faisant mine de détaler.
- Ne raconte pas n’importe quoi ! soupira Lucy en l’attrapant par son écharpe. C’est dingue, tu peux te battre contre des monstres et des démons sans problème, mais tu as peur d’un train ?
- J’ai pas peur, d’abord !
- Ben ça ne se voit pas ! Viens, Gray est déjà dedans. Je croyais que tout ce que Gray faisait, tu pouvais le faire aussi ? tenta la constellationniste.
- Bien sûr ! Et mieux que lui en plus ! Mais je suis sûr que ce crétin au cerveau congelé est pas capable d’arriver plus vite en train que moi à pied !
Lucy en resta quelques instants bouche-bée, mais elle se reprit vite car le sifflet signalant le départ retentit.
- Mais tu ne sais même pas où on va ! Et puis Erza va te décapiter si tu ne montes pas dans ce train !
- Natsu ! retentit la voix de la rouquine, qui se rapprochait dangereusement.
Le Dragon Slayer en fut déstabilisé quelques instants, que la constellationniste mit à profit pour l’attirer dans le wagon. Mais à ce moment le train partit, et ils furent déséquilibrés. Le dos et la tête de Lucy heurtèrent le mur derrière elle et Natsu s’écrasa contre elle. Un peu sonnée, elle ne remarqua pas tout de suite que quelque chose d’humide était entré en contact avec ses lèvres. Son cœur s’emballa quand elle reconnut les mèches roses qui caressaient son front.
Natsu. Etait. En. Train. De. L’embrasser.
Natsu était en train de l’embrasser dans le couloir d’un train. Alors que cette vérité s’imposait à elle, la porte d’un compartiment s’ouvrit et Erza en sortit.
- Tu as réussi à le faire monter Lu… commença cette dernière.
Mais sa phrase mourut dans sa gorge quand elle aperçut ses deux amis. La jeune femme les regarda avec des yeux ronds, avant de se détourner en disant :
- Désolée, je ne voulais pas déranger.
Puis elle retourna dans son compartiment.
Les deux amis se séparèrent rapidement. Toute la scène n’avait duré que quelques secondes, mais il semblait à Lucy que de longues minutes s’étaient écoulées. Ils étaient à bout de souffle et rouges comme des écrevisses. Ca ne dura pas longtemps dans le cas de Natsu, dont la peau prit rapidement une teinte verdâtre, comme le train avançait de plus en plus rapidement.
Extrêmement soulagée d’avoir une échappatoire, la constellationniste passa un bras de Natsu autour de ses épaules, et le tracta dans le compartiment de ses amis. Excepté leur groupe, il était presque vide. Lucy installa le jeune homme tant bien que mal sur un siège et s’assit à côté de lui. Immédiatement, il s’effondra et sa tête atterrit sur les genoux de la jeune fille. Encore un peu secouée et rougissante, elle passa tendrement sa main dans les cheveux du Salamander, mais s’arrêta lorsqu’elle vit le sourire en coin d’Erza, assise en face d’elle. Lucy détourna les yeux et regarda résolument par la fenêtre en bafouillant :
- C’était juste… un accident…
Son cœur battait la chamade et elle était bien contente que Natsu soit inconscient et ne puisse pas l’entendre. C’était leur premier baiser où ils étaient conscients tous les deux. Et ils ne l’avaient pas fait exprès. D’ailleurs il s’agissait plus d’une collision labiale que d’un vrai baiser. C’était vraiment très loin d’être romantique, mais y songer mettait la constellationniste dans tous ses états. Elle respira profondément pour se calmer, et finit par se persuader qu’elle ne devait plus y penser pour l’instant. Ils avaient trop à faire et elle ne voulait pas se déconcentrer. Les conséquences qu’aurait leur rencontre avec Dark Holders étaient toujours présentes dans son esprit, et son inquiétude prenait le pas sur son trouble.

Tout en se perdant dans le paysage qui défilait, elle entendait Happy harceler Sharuru, Juvia tenter de faire entendre à Gray qu’il avait encore perdu son t-shirt alors qu’il se dirigeait vers le wagon bar, Erza féliciter Wendy pour ses progrès en tant que guérisseuse et les gémissements de Natsu. Cette situation habituelle lui paraissait tellement surréelle après tout ce qu’ils avaient traversé et appris ces trois derniers jours ! Certes, la routine était un peu cassée par la présence de Yume, Chuujou, Shin et Tairyoku, mais ce voyage en train lui semblait vraiment illustrer parfaitement l’expression “le calme avant la tempête“. Et d’autant plus lorsqu’elle pensait à ce qui les attendait. Erza lui avait un peu décrit le manoir et ses environs, alors elle visualisait assez bien les lieux, mais les pouvoirs de leurs ennemis restaient pour la majorité d’entre eux inconnus ou obscurs. Elle avait pourtant l’habitude de se lancer dans des missions périlleuses en ne sachant presque rien de ce qu’elle aurait à affronter. Mais savoir qu’une prophétie ainsi que les rêves prémonitoires d’une prêtresse leur donnaient grosso modo une chance sur deux d’échouer ne la laissait pas de marbre, loin de là. Et malgré l’assurance qu’elle essayait de montrer, Lucy tremblait. Elle ne pouvait qu’espérer que tout se finirait bien. Oui, tout irait bien. Après tout, ils faisaient partie de Fairy Tail, n’est-ce pas ? Alors ils remporteraient la victoire, sans oublier de fiche une pagaille monstre et de tout casser, comme d’habitude !
Pendant qu’elle s’exhortait au courage, Yume vint à elle et resta debout à côté de son siège, l’air hésitant. La constellationniste ne la remarqua pas tout de suite. La prêtresse adressa un regard à Erza, qui comprit le message.
- Wendy, qu’est-ce que tu dirais d’un énorme gâteau à la fraise ? Je t’invite ! proposa cette dernière au jeune dragon, qui leva vers elle de grands yeux emplis de gourmandise.
Une fois les deux mages parties vers le wagon restaurant, Yume regarda Lucy, toujours plongée dans ses pensées. Son regard semblait s’être éclairé, et elle avait l’air un peu plus confiant. La jeune femme se sentit coupable. Devait-elle réellement lui révéler son rêve, au risque de détruire cette nouvelle assurance ? Ne rien dire lui ferait courir un grand danger. Elle n’était pas prête pour ce genre d’adversaire. Mais la mettre au courant et la faire paniquer n’était pas bon non plus. D’autant plus qu’elle n’était pas du tout sure d’avoir toutes les informations. Des renseignements incomplets pourraient être aussi fatals que pas de renseignements du tout. Yume tergiversa quelques instants encore, avant de décider qu’elle ferait confiance à la constellationniste. Elle appartenait à Fairy Tail. Elle ne possédait peut-être pas la même inconscience, conférée par la force, que ses amis, mais elle ne devait pas être si facilement impressionnable, et tout à fait capable de s’adapter. Enfin, elle l’espérait.
Se rendant compte que la blonde ne l’avait pas remarquée, Yume se racla la gorge pour attirer son attention. Surprise, Lucy sursauta.
- Je suis désolée de t’avoir fait peur, s’excusa Yume.
- Non, ce n’est pas grave. Je réfléchissais et je ne vous avais pas vue, répondit la jeune fille dans un sourire. Comment vous sentez-vous ? ajouta-t-elle après une brève hésitation.
- Bien, répondit Yume d’un air sincère. Et toi ?
- Ca ira.
Un silence lourd s’établit entre les deux mages. Lucy leva un regard interrogateur vers son interlocutrice.
- Vous aviez quelque chose à me dire ? demanda-t-elle.
La prêtresse la regarda droit dans les yeux avant de répondre.
- Oui. J’ai fait un rêve. A propos de toi. Je ne sais pas si t’en parler est vraiment une bonne idée, mais je pense que ne rien dire serait pire.
- De quoi s’agit-il ? demanda Lucy en tentant de conserver une voix égale.
Elle n’était pas convaincue de vouloir entendre le songe de la prêtresse, mais ne pas savoir serait maintenant insupportable.
- De ton adversaire. Le mage que tu affronteras là-bas possède un pouvoir peu ordinaire et assez effrayant, et j’ai bien peur que tu sois dépassée si tu n’y es pas préparée…
Lucy déglutit.
- Pourquoi hésitiez-vous à me le révéler ? demanda-t-elle après un instant de réflexion. Aviez-vous peur que je panique, ou bien que vos informations soient incomplètes et ne faussent mon jugement ? demanda-t-elle.
Yume fut surprise par cette question. Elle s’attendait à ce que la constellationniste ait l’air terrifiée et la supplie de lui dire ce qu’elle devrait affronter. Au lieu de ça, si elle avait vraiment l’air effrayée, la jeune fille continuait tout de même à réfléchir rationnellement. Elle ne put s’empêcher de sourire. Elle avait peut-être fait le bon choix.
- Eh bien, un peu les deux, avoua-t-elle.
- Il est si dangereux que ça ?
- Oui, peut-être même plus que je ne le pense…
- Avez-vous vu quoi que ce soit concernant les autres ? demanda soudain Lucy en ayant un signe de tête vers leurs amis.
- Non, mais…
- Alors, je ne veux rien savoir, répondit-elle.
Elle avait changé d’avis.
- Mais…
- C’est peut-être de la fierté mal placée, continua la blonde, mais je veux être logée à la même enseigne que mes amis. Je sais bien que je suis loin d’être aussi forte qu’eux, mais je fais des efforts, je m’entraine, et je pense que je m’améliore. Je ne veux pas qu’on m’aide. De plus, me révéler ce qui m’attend ou ne rien me dire du tout ne sont pas les seules options que vous ayez. Rien que me prévenir que je dois être prudente peut suffire, non ? Et, si j’ai bien compris la mécanique du destin, rien que ça constitue un choix qui peut influencer le futur, je pense. Il a donc peut-être déjà changé par rapport à ce que vous avez vu dans votre rêve. Ce n’est pas une si mauvaise solution, n’est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas. Je suis sure que d’une façon ou d’une autre, tout ira bien. Pour tout le monde, termina Lucy avec un sourire chaleureux.
Etrangement, alors qu’elle aurait dû la paniquer, cette conversation l’apaisa. Bien sûr, elle avait encore peur, mais elle était bien décidée à ne pas se laisser contrôler par cette angoisse.
“C’est moi qui la terrifie avec mes visions obscures, et c’est elle qui me réconforte. Tu n’es pas une personne ordinaire, Lucy. Si ceci est ta réponse, alors soit, je la respecterai. Un cœur aussi pur que le tien doit pouvoir surmonter cette épreuve.“ pensa Yume. Elle adressa elle-aussi un sourire encourageant à la constellationniste et répondit :
- Parler ainsi montre que tu possèdes une grande force. La différence entre toi et tes amis tient surtout à leur plus grande expérience du terrain. Alors ne te dévalorise pas. Continue d’avancer en pensant ainsi, et tu pourras vaincre n’importe quoi. Si tu te retrouves en difficulté, repense à ces mots, et va chercher la puissance qui sommeille en toi.
La jeune femme se leva et regagna le siège qu’elle occupait une rangée plus loin. D’une certaine façon, sa conversation avec la constellationniste lui laissait une agréable sensation, bien que des bribes de son dernier rêve la hantassent encore. Il ne montrait pas leur victoire.
Lucy fut un peu étonnée par cette réponse, mais le sourire de Yume lui réchauffa le cœur, et elle conserva le sien après le départ de la prêtresse, tout en continuant à caresser pensivement les cheveux de Natsu.

Pendant ce temps, Erza et Wendy se dirigeaient vers le wagon-bar, suivies de Sharuru (qui essayait de semer un certain Exceed, développant une allergie foudroyante à tout ce qui touchait de près ou de loin à du poisson. Elle lui était certes très reconnaissante d’avoir sauvé Wendy à ses risques et périls, et s’était inquiétée plus qu’elle ne l’avouerait jamais, mais trop, c’était trop. Et là, c’était vraiment… trop), et de Happy (qui n’avait visiblement pas terminé son histoire à base de combat épique contre un brochet géant).
Avant qu’elles n’atteignent leur destination, une voix les arrêta.
- Wendy ? Je pourrais te parler une minute ?
La concernée se retourna, et se trouva face à Shin.
- Je t’attends là-bas, lui dit Erza avant de quitter le wagon, toujours flanquée des deux Exceeds.
Sharuru lança un regard en coin au mage du vent, puis suivit la rouquine.

- Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? demanda Wendy alors que le jeune homme ne disait rien.
- Voila, j’ai un petit problème. Malgré la potion de mon maître, tous mes pouvoirs ne sont pas revenus, répondit-il d’un air embarrassé. Je me suis battu contre Yoru il y a quelques semaines, et il a scellé mes pouvoirs. Depuis, je n’ai pas totalement récupéré. Je me demandais si tu pouvais… lever la fin du sort… ou quelque chose comme ça, hésita-t-il.
- Mirai-san m’a parlé de ce pouvoir lorsque je l’ai vue, répondit la fillette sans remarquer la douleur fugace qui passa dans les yeux du mage du vent alors qu’elle prononçait le nom de la jeune femme. Elle m’a dit qu’il n’était pas permanent et qu’il prenait fin tout seul. Etes-vous sûr que votre magie n’est pas complètement revenue ?
Shin acquiesça en silence. Wendy réfléchit quelques instants, puis ajouta :
- Très bien, je vais regarder ce que je peux faire.
Ils s’installèrent sur des sièges à l’écart des autres, et le Dragon Slayer commença son auscultation. Au bout de plusieurs minutes, elle releva la tête.
- Je suis vraiment désolée, je ne trouve rien d’anormal. Mais je vais continuer de chercher encore un peu.
- Ce n’est pas la peine, répondit Shin avec un sourire forcé. J’ai dû me tromper, c’est surement parce que j’étais un peu inquiet, mais si tu dis que tout va bien, alors je te crois.
Shin savait où se situait le problème. Il ne voulait pas y croire, mais il devait se rendre à l’évidence. Son maître avait raison, son blocage était purement psychologique. Les mots de Tairyoku lui revinrent à l’esprit : « Il n’y a que toi qui puisse arranger le problème, Shin. Tu as perdu contre l’homme à cause duquel ma fille nous a quittés. Je sais que le choc a été rude pour toi, mais cette situation nous fait tous souffrir. Si tu veux nous aider à la sauver, il faut que tu passes au-dessus de ça. Ca ne dépend maintenant plus que de toi. » Mais, depuis qu’elle était partie, le dernier échange qu’il avait eu avec Mirai résonnait continuellement au plus profond de son être.
« - C’est inutile. Je te l’ai dit, il n’y a plus rien pour moi ici.
- Moi, je suis toujours là.
- Ca ne me suffit pas. »
Ces mots ajoutaient chaque fois un nouveau coup de poignard dans son cœur déjà affaibli, l’empêchant d’avancer.

Wendy regardait le jeune homme perdu dans ses souvenirs, inquiète. Il avait beau prétendre que tout allait bien, ça n’en avait pas l’air. La tristesse qu’elle lisait dans ses yeux lui donnait envie de pleurer. Elle cherchait une parole réconfortante à lui adresser, lorsqu’un hurlement de rage, poussé par une voix qu’elle connaissait très bien, retentit. Il semblait venir d’un autre wagon et donna des frissons à la fillette. Peu importait la raison de sa colère, elle était heureuse de ne pas en être l’objet !
Alors qu’elle se dirigeait vers la source du cri, talonnée de près par le reste du groupe, Happy surgit de la voiture devant elle.
- AYE SIR ! Erza a pété un plomb, tous aux abris !
- Qu’est-ce qui se passe Happy ? demanda Wendy.
Mais le petit chat était déjà courageusement parti, avec pour objectif de se cacher dans la veste de Natsu (resté allongé sur son siège), si d’aventure la fureur de la terrifiante mage venait à changer de cible. Pendant ce temps, ils entendaient des bruits de métal froissé et de coups violents provenant de la voiture-restaurant. Ils y entrèrent pour découvrir un spectacle de désolation. La plupart des tabourets avaient été sauvagement arrachés du sol, et le wagon était désert, excepté le pauvre barman qui tremblait de tous ses membres, une quinzaine d’épées lévitant dangereusement autour de lui, et Erza. Dire qu’elle semblait furieuse était un doux euphémisme. Son visage était rouge de colère et ses yeux lançaient des éclairs.
- Je v-vous d-demandes pardon…, bégayait le pauvre homme qui semblait à eux doigts de s’évanouir.
Qui l’en aurait blâmé ? Etre toujours conscient bien que menacé par la Titania de Fairy Tail était déjà un exploit en soit !
- Erza ! Qu’est-ce qui se passe ? demanda Gray, déjà en position de combat. C’est un ennemi ? Ils ont infiltré le train ?
- Cet homme est de la pire espèce ! rugit la reine des fée, imposante dans son armure de la nature. Comment osez-vous ?!
- Je v-vous promets q-qu’on vou-vous en achètera à-à l-la pro-prochaine gare ! Alors ne me tuez pas s’il-vous-plait !!!
A ces mots, les mages qui se rapprochaient dangereusement de leur “ennemi“, s’arrêtèrent, perplexes.
- Acheter quoi ? demanda Juvia.
- Attends, Erza… Ne me dis pas que… commença Gray, les sourcils froncés.
- Si ! Cet individu ose me dire qu’il n’a pas de gâteau à la fraise, et prétendre qu’on n’en trouve jamais dans les wagons-bars des trains ! C’est inadmissible ! Et la satisfaction du client ? Qu’en faites-vous ? J’ai besoin de mon quota de sucre et de fraise avant un combat !!! Que ferez-vous si nous perdons parce que vous avez refusé de me fournir ma source d’énergie première, hein ? Comment comptez-vous prendre vos responsabilités ??? hurlait la jeune femme, hystérique, en secouant à présent l’infortuné comme un prunier.
Il tourna un regard implorant vers les mages.
- S’il-vous-plait… Sauvez-moi de cette furie… supplia-t-il d’une voix faible.
Ils se regardèrent, sidérés. Erza perdant son sang-froid, pour un gâteau. Etait-ce possible ? En y réfléchissant, n’était-ce pas ainsi que dégénéraient souvent les plus grosses bagarres à Fairy Tail ? Lorsque le gâteau aux fraises d’Erza était écrasé/éjecté/renversé avant qu’elle ait eu le temps de le finir ? Alors, évidemment que la personne qui aurait la prétention de lui refuser son pêché mignon se verrait subir un traitement plus terrible encore que celui qu’elle leur réservait habituellement ! Comme on dit, qui s’y frotte s’y pique ! Et ils n’étaient pas assez stupides pour chercher une Erza sur les nerfs, et en manque de fraisier. Mais le malheureux employé n’étant pas au courant de tout cela, il méritait peut-être une remise de peine. Alors Wendy prit son courage à deux mains, et s’avança vers la rouquine, le cœur battant.

………………………………………….

Il reprenait peu à peu connaissance. Il était allongé sur un lit, qui lui semblait familier. Etait-ce le sien ? Il ouvrit un œil. La pénombre régnait, mais il reconnut sans peine sa chambre. Après tout, cela faisait deux ans qu’il y vivait.
Il se souvenait très bien de tout ce qui s’était passé avant qu’il ne s’évanouisse. Son adversaire avait perdu la raison, et bien que blessé, l’avait presque battu à mort. Paradoxalement, c’était l’arrivée de Titania et du Dragon Slayer qui lui avait sauvé la vie. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il s’était passé, le regain d’énergie de son adversaire pourtant quasiment vaincu n’avait rien de logique. Si un de ses alliés s’était fait avoir alors que lui-même était mal en point, il se serait tout simplement enfui. La vengeance d’un être cher était un concept qui lui était inconnu. Peut-être parce qu’il n’avait jamais reçu d’affection ? Sa mère l’avait vendu à sa naissance pour une bouchée de pain, et il n’avait jamais vraiment eu de famille, et aucune attache. S’il suivait Kyouaku, c’était à cause de ça. S’il n’avait jamais pu rien aimer dans ce monde, peut-être qu’il le pourrait dans un autre, un monde nouveau, même si pour cela il fallait détruire l’ancien ? Peu lui importait, il n’avait rien à perdre.
Alors qu’il réfléchissait, Le jeune homme de rendit compte que quelque chose était étrange avec son corps. Il était certes un peu fatigué, mais pouvait bouger sans problème. Il regarda ses bras, il n’y avait aucune trace de blessure ou de contusion. Il inspecta ses vêtements, pas la moindre trace de sang, aucune déchirure. Ce n’étaient même pas ceux qu’il portait lors du combat. Il ouvrit sa chemise, son torse ne portait pas de plaies ou d’ecchymoses. Il passa ses mains sur son visage, ne sentit ni bosse, ni coupure, ni aucune anomalie. Alors, ce qui l’étonnait lui apparut enfin. Il n’avait pas mal. Ses réserves de magies étaient intactes. Comment était-ce possible ?
Il se leva de son lit et aperçut un petit morceau de papier sur son bureau. Il le prit et lut son contenu :

Hey Ura ! On a dû taper un peu dans la vermine pour t’empêcher de clamser. Faudrait que t’ailles nettoyer la charpie qui reste dans la salle des tortures au sous-sol quand tu seras réveillé, histoire que ça pue pas le rat crevé dans le château pendant des mois. Après, convocation chez le grand chef pour briefing. T’as intérêt à être remis, parce que tu te bats dès que la grognasse et ses chiens se ramènent. Et oublie pas de me remercier ! Toute façon ça sera pas gratuit !

Ceci expliquait cela. Ils avaient utilisé un ancien sort interdit pour transférer la magie de plusieurs mages dans son corps. Il n’avait pas besoin de réfléchir à qui avait bien pu se charger de la sale besogne. C’était tout à fait le genre de chose qui amusait Gensou. Et Namako avait certainement participé au carnage, à en jugé par la “charpie“.
Tout ceci le laissait de marbre. Il n’avait qu’à envoyer les corps dans la fosse prévue à cet effet, les femmes de ménages se chargeraient du sang. Il disparut de sa chambre et se rematérialisa quelques étages plus bas, dans l’aile Est. L’odeur était déjà très prenante, mais ne l’incommoda pas plus que cela. Il lui en fallait bien plus pour être impressionné. Il alluma la lumière, dévoilant un spectacle cauchemardesque. Il fut simplement surpris. Tant de mages avaient été nécessaires ? Il ne pensait pas avoir été si mal en point que ça. Il avait intérêt à ne pas décevoir Kyouaku, qui, s’il n’avait que faire de la perte de quelques hommes, n’hésiterait pas à lui rappeler de la manière la plus blessante qui soit l’inutilité de son existence, s’il échouait.
Uramichi s’approcha du tas de cadavres. Alors qu’il allait créer le passage vers la fosse, son regard tomba sur le visage décoloré d’une jeune fille. Un léger sourire cynique marquait ses traits, lui donnant un air résigné. Le mage ne s’y attarda pas, continuant sa tâche. De toute façon, ça n’avait aucune importance. Elle était morte, et les morts de revenaient pas à la vie. Il ne pouvait rien y faire et s’en moquait.
Alors, pourquoi cette sensation désagréable lui serrait la gorge ?

………………………………………….

Ils étaient en fin arrivés à Shirotsume ! Dès que le train cessa de bouger, Natsu se réveilla et sauta sur ses pieds.
- AH ! Ca s’est enfin arrêté ! Je revis !
Puis il commença à sauter partout et à chercher des poux à Gray. Visiblement, il en trouva si on se référait à la colonne de glace qui jaillit de nulle part, manquant congeler la moitié du wagon. Mais la dispute fut de courte durée, car un regard d’Erza suffit à figer le brun sur place. Il n’avait pas oublié sa petite crise et ne souhaitait pas être à l’origine d’une seconde. Heureusement pour tout le monde, Natsu se désintéressa totalement de Gray et sortit vite du train, de peur que celui-ci ne reparte avec lui toujours à son bord.
Lucy déplia ses jambes et se leva. Elle sortit à son tour du wagon, n’osant regarder le Salamander. Il était de toute façon occupé à écouter Happy lui raconter les mésaventures d’un pauvre barman, résultant de sa rencontre brutale avec une furie rousse. Hors de portée des oreilles de cette dernière, bien entendu. La constellationniste eut un léger frisson en repensant à toute cette histoire.
L’intervention de Wendy avait permis de désamorcer la bombe, et bientôt Erza avait demandé pardon à sa victime, l’autorisant à la frapper. Mais le pauvre homme s’était contenté de s’enfuir en criant d’une voix suraiguë, loin, très loin de cette “folle à lier“. Il allait certainement avoir besoin d’une ou deux (dizaines de) séances chez un psychologue pour réparer les dégâts, et oser un jour remettre le nez hors de chez lui.
Par chance, ils n’avaient pas été expulsés du train et aucune plainte n’avait été déposée contre eux, notamment grâce à Lucy qui avait usé de ses charmes auprès du chef de voiture, provoquant l’hilarité de Gray. Elle n’avait pas fini d’en entendre parler… En tout cas, d’une façon ou d’une autre, quelqu’un avait fini par dénicher un fraisier, qu’Erza avait dévoré en une minute montre en main. Sans en mettre partout, ce qui impressionna la blonde.
Bref, contre toute attente, ils étaient arrivés à destination, et les dégâts à déplorer concernaient un seul wagon. « Rien de bien insurmontable financièrement ! » pensait Lucy. De plus, Natsu ne semblait pas du tout se souvenir de ce qui s’était passé au moment de leur départ. Elle n’arrivait pas à savoir si elle était soulagée ou déçue. Les deux, probablement. De toute façon, depuis qu’elle avait pris conscience de ses sentiments, toutes ses émotions étaient nébuleuses et elle ne les comprenait plus vraiment. Et puis, ce n’était pas la première fois que Natsu l’embrassait, puis oubliait tout. Elle s’y était presque habituée.
Le groupe se rassembla sur le quai, et Tairyoku leur annonça qu’ils devaient s’éloigner un peu pour qu’il puisse utiliser le sort sans être vu. Ils sortirent donc de la ville, sous les regards curieux des passants. Ils ne passaient vraiment pas inaperçus à dix (plus deux chats ailés !), dans les rues pavées. Arrivés dans un petit sous-bois, le maître de Dreaming Light s’adressa à tous.
- Nous voici arrivés au point de non retour. Nous ne savons pas vraiment ce qui nous arrivera une fois là-bas. Si vous voulez partir, personne ne vous retient ni ne vous en voudra. Vous n’avez pas à…
- On reste ! s’exclama Natsu. Ca fait longtemps que j’ai pas eu une bonne bagarre !
- Natsu, tu étais là-bas, il y a à peine vingt-quatre heures ! le corrigea Lucy.
- C’était pas une vraie bagarre. On a eu que des nuls avec Erza !
La jeune fille soupira. Il était inutile de discuter avec lui !
- Cela nous concerne tout autant que vous, répondit Erza, en jetant un coup d’œil à chacun de ses amis.
Ils hochèrent la tête.
Tairyoku lança ses incantations alors qu’ils se tenaient tous la main. Il activa le sort, et ils furent téléportés dans une sombre forêt. Personne ne le vit, mais l’homme vacilla à l’arrivée. Ses réserves de magies diminuaient bien trop rapidement. Il ne lui restait plus beaucoup de temps.

Tendus, ils avancèrent en direction du manoir, guidés par Happy et Sharuru qui volaient en éclaireurs. L’après-midi touchait à sa fin, et l’obscurité menaçait de s’abattre sur eux.
Ils arrivèrent bientôt en vue de la guilde. Ils n’avaient pas de plan. L’ennemi les attendait de toute façon. Alors, à la plus grande joie des garçons, ils allaient juste se jeter dans la mêlée.

Sur les marches menant à la porte principale, se tenait un homme, grand, les cheveux châtains et longs. Juvia reconnut immédiatement cette silhouette. Jamais elle ne pourrait oublier celui qui avait tenté de tuer son Gray-sama. Celui-là, elle s’en occupait. La jeune femme s’avança de quelques pas, montrant ainsi ses intentions au reste du groupe. Un bras, tendu devant elle, l’arrêta.
- Il est pour moi, affirma calmement Gray. Vous, pénétrez là-dedans, je vous rejoins dès que j’ai fini.
Juvia pensa un instant à protester, mais le regard déterminé du jeune homme l’en dissuada. Elle acquiesça, et répondit timidement.
- Juvia demande juste à Gray-sa… Gray d’être prudent.
- Tu me connais ! répondit-il avec un sourire.
“Justement !“ pensa la mage de l’eau. Mais elle se contenta de hocher la tête.

- Je suis ici pour vous empêcher d’entrer, annonça une voix monocorde.
Uramichi s’avança, et planta son regard dans celui du brun. Il n’avait jamais eut de désir de vengeance. Mais depuis leur combat, certaines choses le dérangeaient. Alors, il voulait l’affronter une fois encore pour tenter de comprendre. Par chance, le mage de glace semblait être du même avis. Le mage de Dark Holders descendit les escaliers, laissant la route libre pour les camarades de son adversaire. Il s’en moquait. Seul cet homme aux cheveux noir de geais l’intéressait. De toute façon, la prêtresse devait entrer, il ne faisait donc que son travail.
Une explosion retentit quand les efforts conjugués de Natsu, Chuujou et Shin détruisirent la porte. Ils s’introduisirent tous dans le manoir. Après un dernier regard vers Gray, Juvia les suivit.

- Je suis satisfait de pouvoir me mesurer à vous de nouveau, dit Uramichi en s’arrêtant à une dizaine de mètres de Gray.
- Ouais, toi et moi, on a un truc à régler, répondit celui-ci en se préparant au combat, le regard noir.

………………………………………..

Le bruit de la porte de son manoir volant en éclat fit sourire Kyouaku. Il se leva de son fauteuil et sortit de sa salle de réunion.
- Le jeu commence, murmura-t-il. Combien parviendront au dernier tableau ?





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